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Les banques continuent à avoir besoin des garanties des Etats. Il leur faut rassurer les marchés financiers sur leur solvabilité pour emprunter à moindre coût. En 2008 et 2009, la Commission européenne a établi les règles du jeu qui permettent aux gouvernements d'aider le secteur bancaire. Face à une situation financière toujours critique, elle a décidé le 1° décembre de prolonger ces règles du jeu, arrivées aujourd'hui à échéance.
La Commission européenne, l'Autorité bancaire européenne (ABE) ainsi que la Banque centrale européenne (BCE) ont conseillé aux ministres des finances européens d'opter pour une garantie conjointe et solidaire. L'idée a été rejetée fin novembre en conseil Ecofin, notamment par les pays en relative bonne santé financière, comme la France ou l'Allemagne, qui refusent de prendre des risques pour les autres. Les ministres des finances ont décidé que chaque Etat pourra seul continuer à garantir les dettes à long terme de ses propres banques. Un montant minimal de rémunération des Etats par les banques a également été fixé. Il sera proportionnel à la qualité du crédit des pays.
Concrètement, les banques allemandes devront payer le soutien de leur Etat plus cher à leur Trésor que les banques italiennes au leur. La logique des gouvernements européens n'a pas changé depuis le début de la crise. Face au danger, pas d'entraide, chacun pour soi.
Fanny Bleichner et Magali Fichter
Un financement des dettes publiques par la planche à billets est et reste interdit par les traités européens, a martelé Mario Draghi, lors de la conférence de presse du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, le 8 décembre dernier. Pour le président de la BCE, les achats d'obligations publiques doivent rester « limités » et « temporaires ». La BCE n'a pas à endosser le rôle de « prêteur en dernier ressort » que marchés, analystes et certains gouvernements voudraient lui voir jouer.
Il a ainsi balayé le fantasme selon lequel les dettes publiques peuvent disparaître par simple création de monnaie. Au-delà de sa mission principale d'assurer la stabilité des prix, l'enjeu actuel pour la BCE est surtout de forcer les gouvernements à agir: « la responsabilité ultime (d'enrayer la crise) appartient aux responsables politiques », a finalement rappelé Mario Draghi aux dirigeants européens.
En pleine crise de l'eurozone, deux spécialistes livrent leur vision de la mission de la BCE.