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L'atelier reprend samedi 20 octobre de 14 à 18 h. À 18h30, Horizome propose du cinéma en plein air, projetant des films réalisés avec les habitants du quartier. 
Place Érasme, maille Éléonore devant l’association AMI, arrêt de tram Hôpital de Hautepierre. Contact : leonore.barthelemy@gmail.com ou 03 69 14 56 42

Textes, photos et vidéos : David Métreau/CUEJ

En marge de la construction de bancs, de tables et de chaises en bois de palettes de récupération, un grand cadre en forme d'immeuble accueillait une exposition de photos. 

Chaque fenêtre de l'immeuble, c'est une photo prise par un habitant du quartier. 
 

« En assistant à une réunion de l'association AMI, Horizome a constaté qu'il y avait cette place à aménager », explique Barbara Morovich, anthropologue et professeur de sciences sociales à l'école d'architecture de Strasbourg, membre d'Horizome. Pour  l'association Horizome, ces ateliers de fabrication de mobilier urbain sont un prélude à un projet plus important et permanent.  

Fondée à l'origine pour les quarante ans du quartier, Horizome est installée depuis 2009 à Hautepierre. L'association fédère des artistes et des anthropologues, sur des projets communs autour de l’observation des sociétés. Les explications de sa cofondatrice, Barbara Morovich. 

 

Florilège de stationnements sauvages dans les mailles Karine et Catherine, les plus touchées par les travaux du PRU. (Photos CUEJ/Thibaud Métais)

Mais, ni les piétons, ni les cyclistes n'accusent directement les automobilistes qui stationnent un peu sauvagement. Un seul fautif est montré du doigt : le chantier. Et indirectement, la CUS. "Rien n'a été pensé pour solutionner le problème, assène Pierre, dans le quartier depuis 16 ans. Il aurait fallu prévoir des parkings temporaires. Là, les gens n'ont pas le choix, ils doivent se mettre sur les trottoirs." Kassim et Jacques pointent également le danger de voir les accotements envahis par les voitures :


Lucie Moreau, directrice de projet pour le PRU, reconnaît le problème. "C'est vrai que pour l'instant, il y a beaucoup de voitures sur le trottoir. Mais le chantier est très important, c'est difficile de trouver une parade à tout ça." Pour autant, elle insiste sur le fait que le danger ou la gêne est limitée. Par l'action de la police. "Il y a une vraie tolérance pendant les travaux. Mais si des voitures garées représentent un danger, ou empêchent l'intervention des services publics comme le ramassage des ordures, il y a des interventions."

A l'image de Nadja, plusieurs habitants pointent du doigt les problèmes de stationnement antérieurs aux travaux. "Il y a toujours eu des soucis, lance-t-elle. Il n'y avait déjà pas assez de places de parking avant." Lucie Moreau assure que ce point sera amélioré avec le PRU. "Avant, on était à 0,8 place par logement. Avec la rénovation, on passe à 0,9." Une logique plutôt honnête puisque le Plan d'occupation des sols (POS) de Strasbourg permet de descendre à 0,5 place par logement pour les zones situées près d'arrêts de tramway.

"On maintient tel que c'était avant, souligne la directrice de projet. On améliore très légèrement mais on a délibérément choisi de ne pas vraiment augmenter. Cela fait parti d'une cohérence avec les investissements réalisés dans les transports en commun. On parie sur un report vers le tramway."

Pour corriger les erreurs précédentes, le système de stationnement va néanmoins être réorganisé. "Jusque là, tout était collectif, chacun se garait où il le voulait, indique Lucie Moreau. Après les travaux, il y aura d'un côté des parkings réservés pour les résidences (ensembles de trois immeubles, ndlr). Et d'un autre, des parkings publics, soit le long des avenues, soit à l'intérieur des mailles, comme à Catherine, où il y aura cinquante places."

Les automobilistes devront donc attendre la fin des travaux, en 2013 pour la voiries, pour déserter les trottoirs et se garer sur des vraies places de parking. En attendant, le stationnement sauvage continue. Et le slalom des piétons avec.

Thibaud Métais

 

Des répercussions peu visibles

L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) prévoit des heures d'insertion dans les entreprises qui interviennent au Neuhof dans le cadre de la rénovation urbaine, comme les entreprises de BTP. Pour les demandeurs d'emploi des zones urbaines sensibles, ces heures peuvent servir de « porte d'entrée sur le marché du travail ». « C'est un moyen d'acquérir de l'expérience, explique Gilles Grausclaude, responsable du relais chantier. L'objectif est de créer des contrats à durée déterminée ou à durée indéterminée. Mais rien n'oblige les entreprises à embaucher. »

Depuis 2004, environ 200 000 heures d'insertion ont été réalisées dans le cadre de la convention ANRU. L'objectif fixé par l'agence est de 5 %. Au Neuhof, il a été triplé. Personne ne s'en réjouit pour autant. Les chiffres du chômage viennent assombrir le tableau.

Raphaël Badache et Adama Sissoko

Un taux de chômage toujours élevé

« Tout n'est pas parfait. Nous sommes conscients que le taux de chômage est encore élevé », reconnaît Julien Mattei. Au 31 décembre 2004, on comptait 1320 demandeurs d'emploi en fin de mois (toutes catégories confondues), sur la zone urbaine sensible Neuhof-Cités contre 1487 en 2010 (source Insee).

Les entreprises disent rencontrer des difficultés pour trouver des profils qui correspondent exactement aux postes à pourvoir. Parfois une personne correspond bien au profil recherché, habite bien au Neuhof, mais pas dans la zone urbaine.

E. Jantzi est une entreprise familiale qui existe depuis 1923. Spécialisée dans la menuiserie et l’ébénisterie, elle compte 15 salariés et 5 apprentis. Elle a profité des avantages de la zone franche urbaine, au parc de la Klebsau en 2007, pour agrandir son espace de travail et diversifier ses activités.

 

Les mesures ne manquent pas pour dynamiser l'économie dans les zones urbaines sensibles. Il y a quinze ans, la Ville mettait en place les zones franches urbaines. Depuis le plan de rénovation urbaine en 2004, une quarantaine d'entreprises se sont installées dans les deux zones lancées au Neuhof, créant près de 1000 emplois. Mais le nombre de chômeurs dans le quartier reste très élevé. Bilan.

Pour attirer les entreprises et créer de l'emploi dans le quartier du Neuhof, la Ville compte sur l'implantation des entreprises dans les  zones franches, des secteurs aménagés dans le cadre du plan de rénovation urbaine (entrée Nord, parc Védrines, Carrefour Reuss et parc de la Klebsau).

Depuis 2004, une quarantaine d'entrepreneurs s'y sont installés. La direction départementale du travail et de l'emploi et de la formation professionnelle recense 974 embauches, dont 498 pour des habitants des zones urbaines sensibles (ZUS) du Neuhof, de 2004 à 2011.

Le plan de rénovation urbaine prévoyait la création de 1000 emplois. « Nous les avons presque atteints. Et on ne désespère pas de les voir augmenter puisque de nouvelles entreprises viennent s'installer dans les zones franches urbaines », explique Julien Mattei, directeur du projet de rénovation urbaine du Neuhof.

Ce dispositif prévoit des exonérations de charges sociales patronales à condition que l'entrepreneur réserve un tiers de ses  recrutements aux résidents des zones urbaines sensibles de toute l'agglomération. Depuis  2011, la barre a été relevée à un salarié sur deux.

70 % des salariés venant du quartier recrutés

Lorsque Leclerc Express s'est installé l'allée Reuss, il y a cinq ans, environ 70 % du personnel recruté venait des ZUS du Neuhof, selon Raphaël Hefter, directeur du magasin. « C'était un plus d'avoir des gens du quartier. Il fallait leur montrer qu'il y avait du travail ici, qu'ils n'étaient pas mis de côté. Il y a une vraie dynamique. Mais la trop grande proximité entre les salariés et les clients n'était pas non plus facile à gérer. Ce qu'il faut retenir, c'est que c'est un commerce de proximité, qui fait vivre le quartier », communique le directeur du Leclerc.

Aujourd'hui, le taux est un peu plus bas, à cause de « mutations et de nombreux départs en congés maternité ». Raphaël Hefter annonce un taux d'employés résidents des ZUS redescendu à environ 40 %.

 

 

Encore du pain sur la planche

L'entreprise vise deux marchés distincts : celui de l'économie verte, avec la vente de composteurs, et celui de l’ameublement qui vise des particuliers, via une vente par internet, et surfe sur la tendance au mobilier industriel. Produit phare, le composteur pourrait être vendu aux habitats collectifs et aux entreprises, notamment les supermarchés qui doivent à présent trier leurs déchets organiques.

"Tout le monde touchait un peu à tout au début mais on essaie de faire en sorte de professionnaliser la production", raconte le futur gérant. Et l'équipe a du pain sur la planche, puisqu'il leur faut encore transformer l'association en coopérative, systématiser la récupération des palettes, trouver de nouveaux locaux, mécaniser certaines étapes de la production, recruter un professionnel du bois, trouver des clients. Entre deux coups de téléphone, Etienne Faivre reprend : "Pour l'instant, on essaie d'en faire une structure pérenne mais, assez vite, on aimerait pouvoir avoir une action de formation auprès des gens du quartier."

Les projets se bousculent, donc, pour Palettes de solutions, qui espère obtenir ce week-end la "mention spéciale" du jury du prix Talents des cités. En jeu ? 5000 euros qui viendraient s'ajouter aux 7000 déjà obtenus en tant que lauréat. Un coup de pouce bienvenu pour lancer la Scop.

Lorraine Kihl

 

Contact :

palettesdesolutions@gmail.com
09 82 57 09 78

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