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Entre Cronenbourg et Koenigshoffen, le lieu dit d'Hohenstein - Hautepierre en allemand devient en décembre 1964, une zone à urbaniser en priorité. Dans les années 1960, Strasbourg fait preuve d'un manque croissant de logements, un projet nouveau d'urbanisme voit donc le jour. Au départ treize mailles octogonales sont prévues, elle doivent accueillir 3000 habitants chacune. Dans cette utopique idée des grands ensembles, le plan d'urbanisme voulu par l'architecte Pierre Vivien doit reconstruire du lien social. Les voitures circulent en périphérie des mailles, la vie s'organise comme dans de petits villages.

Finalement ce sont huit mailles qui sont construites des années 70 aux années 80. Toutes portent des noms de femmes, et contiennent une part importante de logements sociaux, près de 80% pour Hautepierre quand Strasbourg est à 30%. 

Aux premiers temps de la construction, Robert Baillard le président de la SERS, la société d'aménagement en charge du projet, avait déclaré que Hautepierre devait devenir « un havre de paix et de sécurité ».

Elle fait partie depuis 1996 des Zones Urbaines Sensibles, ces territoires définis pour être la cible prioritaire de la politique de la ville.

LEGENDE

La police allemande effectue depuis ce lundi des contrôles aux frontières françaises et suisses. Contrôles ayant conduit à l'arrestation de 51 demandeurs d'asile. A Kehl les passagers n'ayant pas de pièce d'identité sur eux sont renvoyés en France. 

Après l'Autriche, la France : l’Allemagne a établi ce lundi à partir de 18h des contrôles policiers quasi-systématiques sur le pont de l'Europe entre Strasbourg et Kehl. Ce renforcement concerne la France et aussi la Suisse, explique un responsable de la police allemande à Stuttgart, qui précise que ces contrôles ne se font pas « aussi intensivement qu’en Autriche ». Les véhicules particuliers ne sont pas encore la cible des forces de l’ordre. Elles se focalisent sur les bus de ville (la ligne 21) qui relient les deux rives du Rhin, ainsi que sur les trains établissant la liaison entre Strasbourg et l’Allemagne. Les raisons affichées sont claires : « la crise migratoire ». 

En l'espace de deux heures, Cuej Info a constaté ce mardi que la police allemande a arrêté sept bus en provenance de Strasbourg. Les deux policiers en faction sont montés dans chaque véhicule, vérifiant les papiers des passagers pendant cinq bonnes minutes, et renvoyant vers la France tout ceux qui ne pouvaient pas produire une pièce d’identité. A l’instar de ce jeune homme qui, travaillant à Kehl, a dû repartir en France chercher ses papiers.

Lors de notre passage en Allemagne, les deux policiers montés dans le bus n’ont pas jugé bon de vérifier notre identité. En revanche, l’homme d’origine africaine en face de nous n’a pas bénéficié du même traitement de faveur. La gare de Kehl est le théâtre du même manège. Quatre policiers sur le quai attendent ce mardi après-midi les trains en provenance de la France, entrent dans les wagons et procèdent à des contrôles ciblés. 

Ces contrôles aux frontières sont légaux en vertu de la clause de sauvegarde de l’article 2.2 de la convention de Schengen, qui permet aux différents états membres de les rétablir en cas de situation exceptionnelle. L’Allemagne considère donc l’afflux massif de réfugiés comme une « menace grave pour sa sécurité intérieure », comme le prévoit le Code de Schengen.

Le maintien de cette politique sur le long terme reste incertain. Dans la journée de mardi, 51 migrants en situation illégale ont été interpellés aux frontières franco-allemande et helvéto-allemandes selon la communication de la police de Stuttgart. La CTS n'a pas été informée de ces contrôles mais précise qu'ils n'ont pas d'impact sur la fluidité du trafic. La préfecture du Bas-Rhin n'a, quant à elle, pas souhaité répondre à nos questions. 

Nicolas Serve, Antoine Magallon, Mathilde Loire, Anna Riva, Enric Bonet

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