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Hélène Gully, Benjamin Hourticq
En effet, des parties de l’édifice sont « inscrites au titre de monuments historiques ». Un statut qui ne permet pas à ces bâtiments d'être modifiés ou détruits sans une myriade d’accord et d’autorisations de la part de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) et de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). L'usine Schutzenberger avait d'ailleurs fait l'objet d'une « question prioritaire de constitutionnalité » contestant cette inscription. Ainsi, pour le site rue de la Patrie, seule la partie sud-ouest du terrain, le long de la rue des Chasseurs, accueillera la nouvelle brasserie Schutzenberger. Le reste est pour l’instant désaffecté, même si les projets de Marie-Lorraine Muller ne s’arrêtent pas à la reprise d’une activité brassicole. Plus tard, Schutzenberger se rêve hôtel, restaurant, voire même spa…
Les travaux, prévus pour « fin 2015-début 2016 », sont circonscrits à la destruction « d'un seul voile de mur de l’avancée correspondant à la chaufferie actuelle située en façade est et de la toiture ». D’ailleurs, la démolition a pour objectif de « dégager la façade originelle et remarquable » pour mettre en valeur l'architecture originelle de l'usine Schutzenberger.
Le permis comporte quatre autres réserves, aucune d’entre elles n’étant surprenante ou insurmontable. Un diagnostic sur la présence éventuelle d’amiante est obligatoire puisque l'usine a été construite avant 1996, de même que la mise aux normes de la sécurité incendie. De même, l’Agence Régionale de Santé s'est penchée sur « l’alimentation en eau potable » - le projet prévoit l’utilisation d’un puits. La propriétaire devra mettre en place "un contrôle sanitaire" de la qualité de l’eau tirée du puits.
Reprise de l'activité prévue au « deuxième trimestre 2016 »
Des prescriptions et diagnostics déjà « intégrés par l'architecte », assure Marie-Lorraine Muller. Selon la propriétaire de la brasserie, la réfection des bâtiments devrait s'étendre sur une courte période, de « deux ou trois mois », pour une reprise de la production « au deuxième trimestre 2016 ». Le montant total de relance de l'activité s'élève aux alentours de « trois millions d'euros », dont un million destiné à la réhabilitation des bâtiments.
Le retour du brassage de la Schutz à Schiltigheim apporte aussi son lot de questions. Notamment concernant le financement du projet ou la capacité de production : l'héritière de la brasserie mise sur la fabrication de « un million de litres, commercialisés auprès des chefs étoilés à Paris, aux Etats-Unis, en Chine et au Japon », rien de moins. En ce qui concerne le recrutement de la main d'oeuvre, « le nombre de personnes embauchées n'a pas encore été arrêté », confie Marie-Lorraine Muller. Enfin, le rapatriement de l'activité à Schilik ne devrait pas sonner le glas du partenariat avec l'usine Licorne, a indiqué la PDG de Schutzenberger : « Notre partenariat avec Licorne est destiné à perdurer sous d'autres formes. L'entreprise a été exemplaire dans son soutien à notre redémarrage. »
Schutzenberger, Fischer... À Schiltigheim, des friches brassicoles sont reconverties, d'autres réhabilitées. La cité des brasseurs s'accroche à son nom.
Permis de construire validé moins d'un an après avoir été déposé. La brasserie Schutzenberger, fondée à Strabourg en 1740, revient à Schiltigheim, où elle était arrivée en 1866. Toute l'usine, dont certains bâtiments sont inscrits au titre de monuments historiques, ne sera pas réhabilitée, mais le projet prévoit une superficie suffisante pour relancer l'activité brassicole.
Pas de mise en bière pour la Schutzenberger. C’est officiel, la mousse schillikoise revient se faire brasser dans les locaux historiques, rue de la Patrie, à Schiltigheim. Déposé le 1er octobre 2014 par l’actionnaire majoritaire « à 95% » Marie-Lorraine Muller, représentée par Elisabeth Monnin-Muller, le permis a été complété en février 2015 pour être signé par le maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner, le 9 avril 2015. Aucun recours n’ayant été déposé contre le projet, les travaux devraient pouvoir débuter de manière imminente - à condition que le financement de l'opération soit bouclé.
« La présente demande de permis de construire concerne la réimplantation d’une activité brassicole au sein même des infrastructures existantes », précise le document. L’architecture est préservée, et la brasserie, fermée depuis 2006, n’est que réhabilitée. Pour que la bière soit de nouveau produite sur place (et non plus chez Licorne à Saverne), les bâtiments hébergeront une salle destinée au brassage et une autre à l'embouteillage.
Ces travaux ne concernent qu'une partie des 24 281 m2 de l’usine. Le permis autorise ainsi la démolition d’une « avancée » de 60m2 et la réhabilitation de trois bâtiments d'une superficie totale de 460m2.
Face à une équipe souvent affrontée par le passé, l'Alsatia s'est imposée en quatre sets 31-29, 25-17, 16-25, 25-21. Prochain rendez-vous la semaine prochaine, à l'extérieur face à Lyon.
Volodia Petropavlovsky et Antoine Terrel
La saison reprend pour le club de volley de l'Alsatia Neuhof. Troisièmes des play-off l'année dernière, les hommes de Frédéric Falsetti entament leur deuxième saison en Nationale 2. Après un match amical jeudi dernier, l'équipe effectuait vendredi son dernier entraînement, avant le début du championnat, dimanche, face à Sennecey-le-Grand, au gymnase Reuss.
En mai 2015, la Ville a ouvert sa troisième consultation autour de l'habitat participatif. Cinq terrains sont proposés à la vente aux particuliers souhaitant se lancer dans l'auto-promotion immobilière. Victime de son éloignement du centre, un terrain du Neuhof, dans le Stockfeld, peine à attirer les postulants.
En 2009, la Ville de Strasbourg se lançait dans l'habitat participatif, suivant l'impulsion de l'association Eco-quartier, qui regroupe des familles volontaires pour se lancer dans la construction de leur propre immeuble ou commerce en se passant des services d'un promoteur immobilier. Aujourd'hui, 17 terrains disséminés à travers la ville, du Neudorf à la ZAC Etoile, font l'objet d'une option ou sont déjà en cours de construction. Malgré des débuts balbutiants, deux consultations sur l'auto-promotion ont été lancées par le service des projets urbains. Le principe : permettre à des groupes de particuliers de postuler à l'achat de terrains disponibles et gérés par la collectivité. Depuis mai 2015 et jusqu'au 9 octobre, une troisième consultation s'est ouverte, mettant à disposition cinq terrains : deux à la Robertsau, un à Cronenbourg, un au Neudorf, et un dernier au Neuhof, au beau milieu du Stockfeld... qui semble n'intéresser personne. A moins d'un mois de la clôture du dépot des candidatures, le jardin de la rue des Chanoines-Lux devrait rester en friche encore un bout de temps.
"A ce stade, il est trop tôt pour se prononcer définitivement, nuance Alain Kuntzmann, du service des projets urbains. Mais il est vrai qu'aucune candidature n'a été déposée. Une famille était intéressée à l'ouverture de la consultation, mais ils n'ont pas pu constituer un groupe assez solide." Quand on se rend sur les lieux, difficile de projeter la construction de quoi que ce soit : le terrain, envahi par les herbes folles, semble à l'abandon. Contre la clôture défraichie, une voiture prend la poussière. Au fond du terrain s'empilent outils de jardinages, bâches, vieilles bottes et déchets en tout genre. Seules quelques tomates et plants de salades mettent un peu de vie. A première vue, l'endroit peine à faire rêver les architectes et futurs co-propriétaires. Pourtant, au-delà de cette première impression, il n'est dénué ni de potentiel, ni d'intérêt.
Au coeur d'un quartier tranquille, mais proche de l'artère de la route d'Altenheim et à quinze minutes à peine de l'arrêt Rodolphe Reuss (tram C), le terrain permettrait la construction de deux à trois logements sur 300 mètres carré constructibles environ, avec un jardin donnant sur la rue. Aux alentours, on trouve la Ferme apicole, des commerces et banques, une église, et le collège du Stockfeld. Si le quartier est résidentiel, il n'est pas non plus coupé de tout. Mais pour l'aspirant autopromoteur type, ce n'est pas suffisant.
"Pour être tout à fait honnête, avoue Alain Kuntzmann, on a constaté au fil des consultations que plus un terrain était proche du centre, plus il était convoité. La plupart des postulants sont dans une démarche écolo et se sont plus ou moins affranchis de la voiture. Alors ils veulent être proche du centre-ville, et surtout qu'il y ait un arrêt de tram à proximité." Si le premier critère des postulants est une surface constructible adaptée à leur projet, la centralité et l'accessibilité sont en effet essentielles. Co-gérante de Baugroupe, lauréat de la deuxième consultation, Fabienne Commessie confirme : "Nous sommes trois familles à venir du centre-ville et nous y sommes très attachés." S'il avait trouvé un terrain répondant à ses diverses attentes (jardin, bonne exposition pour des performances énergétiques) situé au Neuhof, le groupe aurait-il candidaté ? "Je ne pense pas, répond-elle. Trop loin. Un terrain non-desservi par le tram ne nous intéressait pas du tout." Du côté du collectif E-Zero, autre lauréat, même son de cloche : "Très peu de nos membres possèdent une voiture, explique Alexandre Braboszcz, co-gérant. On voulait avant tout être vite arrivés au centre, proche des commerces et des activités pour les enfants."
Toujours est-il qu'avec une charge foncière évaluée entre 105 000 et 120 000 euros, le terrain du Neuhof est l'un des plus accessibles de cette troisième consultation. Un tarif peu élevé qui ne jouera cependant peut être pas en sa faveur à l'issue des dépots de candidatures, le 9 octobre. Alain Kuntzmann espère que le bouche-à-oreille fonctionnera et permettra au terrain de trouver preneur à la consultation suivante : "Le Neuhof est une entité à part, avec une vraie vie de quartier. Si les gens du coin voulaient investir, ils seraient très certainement ravis du terrain. Mais les gens du centre, qui postulent le plus, non."
Nina Moreno et Antoine Terrel (photos)