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Madagascar, cinquième plus grande île au monde, au triste palmarès des pays les plus pauvres de la planète, regorge pourtant de richesses humaines, environnementales, naturelles.

Pendant un mois, les étudiants en 2ème année de master journalisme du CUEJ et ceux de 1ère année de master de l’Institut d’études politiques Madagascar ont exploré le territoire pour tenter d’expliquer les failles et montrer les ressorts de ce « pays très riche extrêmement pauvre », pour reprendre l’expression de notre partenaire Davida Rajaon, président de l’IEP. Le résultat de cette immersion est ici, à découvrir en récits d’images, de sons, de vidéos et de textes.

 

Comme si demain n'existait pas

L'île renferme une multitude de richesses gaspillées depuis des années. De sa jeunesse désenchantée à ses paysans sans terre en passant par ses ressources naturelles et ses minerais, nous avons cherché à comprendre comment Madagascar pouvait gâcher son potentiel jusqu'à hypothéquer son avenir.

Selon les Nations Unies, 53% de la population malgache est composée de jeunes de moins de 20 ans… Les jeunes sont donc majoritaires, mais seule la frange issue de la catégorie la plus favorisée peut entrevoir un avenir digne de ce nom. Les autres se sentent pris au piège entre une société conservatrice, et une économie en berne. Une situation qu’ils dénoncent par le rap ou le slam.

L’économie informelle prend toute la place. Agriculture, industrie, services… C’est 75 % du PIB aujourd’hui. De la débrouille à la corruption, c’est autant d’argent qui ne rentre pas dans les caisses de l’État. Nous avons choisi de remonter la filière de l’or que l’État tente d’encadrer depuis 5 ans. 90 % de sa production sort encore du pays illégalement.

Dans cinq ans ou dans dix ans, que restera-t-il de « la nature 5 étoiles » vantée par les promoteurs du tourisme à Madagascar ? La forêt primaire recule partout. La liste des espèces menacées s’allonge sans cesse, à l’image du Voatsiperifery, le poivre sauvage endémique de la Grande Ile, devenu rarissime car surexploité. Pour cette épice comme pour la forêt, la préservation ne pèse pas lourd dans la balance, face à une population qui tente avant tout de survivre au quotidien. Quitte à compromettre l’avenir.

Depuis une douzaine d’années, des hectares de terres agricoles, minières, touristiques ou habitables sont achetées par des groupes privés à Madagascar. Encouragées, voire orchestrées, par l’État, ces ventes hypothèquent l’avenir des paysans qui se retrouvent sans terre. Parce qu’ils la bradent contre un sac de billets ou parce qu’ils n’ont pas de titre de propriété ni les moyens de défendre leurs droits ancestraux. Une situation contrastée où les conflits fonciers se mêlent aux espoirs de compensations

« Travail à tout prix » nous plonge dans la jungle économique de Madagascar. Face aux manquements de l’Etat, des jeunes essaient de créer leur entreprise à la limite de la légalité. D’autres préfèrent profiter des investissements chinois et européens. Faute d’alternative, certains se rabattent sur des métiers traditionnels comme la pêche, au risque d’épuiser les ressources de l’île.  

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« L’écho des ancêtres » raconte la transmission du patrimoine malgache aux jeunes générations. Nouveaux médicaments à base de plantes locales, discours poétique ancestral, les jeunes s’approprient les traditions. Mais parfois, cet héritage est menacé, comme avec le zébu, la vache à bosse malgache. Il faut donc trouver un équilibre. Comment préserver les richesses naturelles de l’île, sans bouleverser la vie de ses habitants ? Une question qui se pose tous les jours sur l’allée des baobabs.

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Le Parlement européen s’est penché jeudi 18 mai sur le bilan de la politique de cohésion européenne entre 2007 et 2013. D’après le rapport consacré à cette période, les fonds de cohésion ont su s'adapter à la crise financière.

L’eurodéputé bulgare Andrey Novakov (PPE, conservateur) a présenté au Parlement jeudi 18 mai son rapport sur la période 2007-2013 de la politique de développement régional. Ces années, économiquement instables, ont poussé l’Europe à repenser ses aides aux Etats membres. Selon Novakov, la politique de cohésion a joué un important rôle de rempart contre la dépression économique, en permettant de soutenir la reprise de la croissance à travers le continent.

Depuis 1975, des fonds européens sont dédiés à réduire les écarts de développement entre les différentes régions. Chacun des 28 pays contribue à la hauteur de ses moyens à ces Fonds structurels. L’argent est ensuite redistribué en fonction des besoins de chacun. Il bénéficie donc principalement aux régions les moins développées économiquement en les aidant à moderniser leurs infrastructures, et in fine, à créer des emploi et à favoriser la croissance. En 2017, la Pologne et la Hongrie étaient les deux principaux bénéficiaires de ces subventions.

Andrey Novakov souligne que les aides mises en place entre 2007 et 2013, bien que conçues avant la crise économique, ont permis à l’Union européenne de mieux lui résister. Ces dispositifs, en injectant près de 347 milliards d’euros dans l’économie, « ont eu une forte incidence et des résultats visibles à travers les investissements » dans les régions européennes.

Le rapport du député bulgare détaille également les nouveaux objectifs pour la politique de cohésion, dont le budget a été gonflé pour la période 2014-2020. La Banque Européenne d’Investissement (BEI) peut désormais octroyer des conseils, une assistance technique, des crédits et des prêts aux Etats européens. Ce nouveau rôle a pour objectif d’attirer de nouveaux investisseurs dans des régions les moins favorisées de l’Union.  

Victor Guillaud-Lucet

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