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Christian Ball sera tête de liste pour la seconde fois aux élections municpales. / Photo Jérôme Flury

LEGENDE

Les cours commencent à 8h30, pour permettre aux adultes de déposer les enfants à l'école en même temps./ Photo Sarah Chopin

Dans une salle de l’école maternelle du Gliesberg, une dizaine de parents d’élèves sont réunis de bon matin ce jeudi 3 octobre. À gauche de la grande table à laquelle le petit groupe est installé, deux mamans discutent en allemand avec la formatrice, Fabienne Helfer, du centre socioculturel de la Montagne-Verte. De l’autre côté de la salle, on entend quelques mots d’arabe. Géorgiens, Irakiens, Syriens ou Italiens : tous sont venus ce matin pour apprendre le français, qu’ils ne parlent pas très bien, ce qui complique leur communication avec l’école de leurs enfants.

Des conséquences sur le travail de l’enfant

C’est un constat récurrent au Murhof, micro-quartier de la Montagne-Verte, classé prioritaire dans le contrat de ville 2015-2020 de l’Eurométropole. Ici, les équipes enseignantes se plaignent des difficultés croissantes de communication avec des familles d’origines de plus en plus diverses. « Ce n’est pas vraiment un problème de relations, estime Elisabeth Braun, directrice de l’école élémentaire du Gliesberg. Le climat est serein. La difficulté, c’est plutôt de faire venir les parents à l’école, de les aider à s’impliquer dans la vie scolaire. »

Or quand les parents ne suivent pas, l’élève travaille moins bien. Le Murhof présente, parmi tous les quartiers prioritaires de l’Eurométropole, un des plus faibles taux de titulaires d’un diplôme bac+2. C’est face à ce constat que la Ville a mis en place, il y a trois ans, des cours de français langue étrangère dans les écoles.

Au Gliesberg, la classe pour les adultes commence aussi à 8h30 : un horaire assez matinal mais qui permet aux parents d’éviter les aller-retours. « C’est l’heure à laquelle ils viennent déposer les enfants », précise Fabienne Helfer. Ils sont dix inscrits cette année. C’est un peu plus que l’année précédente où ils n’étaient que trois vraiment assidus.

Des parents satisfaits

Si Fabienne Helfer se réjouit de l’initiative, elle regrette tout de même un certain manque d’implication de la Ville : « En particulier la première année, les conditions n’étaient pas toujours optimales. Dans certaines écoles, on n’avait même pas de salle à disposition et j’ai dû donner plusieurs leçons dans le préau. » Ce matin, au Gliesberg, c’est surtout le manque de chaises qui pose problème, une fois que les retardataires sont tous arrivés. « Bon, c’est pas grave, je vais faire cours debout », rigole la formatrice.

Suzanne, maman irakienne de trois enfants, participe depuis un an : « Je voudrais trouver du travail. Pour ça, il faut que je parle français. » Si le cours l’a aidé ? « Oui, beaucoup. Ça m’aide à communiquer avec mes enfants, avec mes copines aussi. » Cette année, le groupe est un peu hétérogène : quand certains se débrouillent déjà, d’autres ne comprennent pas un mot. Mais la solidarité règne dans la petite salle de classe : Yasin, papa syrien, n’a pas l’air de comprendre la signification du mot « marié ». Heureusement, Warda, une maman algérienne est là pour lui traduire en arabe.

Sarah Chopin

À l’école maternelle du Gliesberg, dans le quartier de la Montagne-Verte, des parents immigrés se réunissent tous les mardis et jeudis matin pour un cours de français langue étrangère. Une initiative de la Ville de Strasbourg, mise en place il y a trois ans, pour favoriser la communication parents-professeurs. 

Hélène Hollederer débute sa campagne pour les élections municipales de 2020 à la fête de la Gastronomie aux halles du Scilt, le 28 septembre 2019. / Credits photos : Pauline Boutin

Habitante de Schiltigheim depuis vingt ans, Hélène Hollederer se présente aux élections municipales de mars prochain. Agée de 49 ans, elle fait partie des premiers candidats investis par La République en marche en juin 2019. Même si cette Schilikoise n’a jamais été élue, la politique a toujours été présente dans son parcours.

Devenir maire de Schiltigheim en 2020 : c’est, depuis quelques mois, l’objectif d’Hélène Hollederer, 49 ans. Jamais élue, cette mère de quatre enfants n’est pas pour autant novice en politique.

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Grenoble, elle prépare les concours administratifs à Strasbourg et devient par la suite cadre de la sécurité sociale. Pendant ses études, Hélène Hollederer s’engage chez les jeunes démocrates sociaux. Elle y rencontre Fabienne Keller, figure politique locale. Dès 1992, elle participe à la campagne qui permet à la candidate d’obtenir un siège au conseil départemental. Hélène Hollederer ne quittera jamais les équipes de l’élue et deviendra sa directrice de cabinet après à l’élection de Fabienne Keller à la mairie de Strasbourg en 2001. Parmi les dossiers qu’elle a eu à traiter : le tramway, la création du centre commercial Rivétoile, la construction de la grande mosquée. « J’y ai tout appris : les enjeux locaux, la technicité », reconnaît  Hélène Hollederer. « Je connais la politique de l’intérieur, je sais comment une municipalité fonctionne. » 

Un atout qui a fait pencher la balance en sa faveur pour l’investiture  comme tête de liste La République en marche (LREM) pour les prochaines municipales: « Sept ans dans le cabinet du maire de Strasbourg, ça forge forcément », glisse Vincent Mathieu, du comité local  LREM. 

Un oeil attentif à la politique

Après la défaite de Fabienne Keller aux municipales de 2008, Hélène Hollederer décide d’arrêter la politique. « Trop de tensions internes » et un besoin de changement après une vie professionnelle très prenante : « J’ai eu trois enfants pendant le mandat, j’avais besoin de les voir grandir. » Elle choisit de rester dans le social et rejoint la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui oeuvre dans l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté. Là, elle y développe la branche alsacienne de la fondation. Elle gère aujourd’hui la collecte de fonds et le mécénat. Parallèlement, elle s’implique dans les associations Cercle de l’Ill et Bienvenue à Strasbourg dont elle devient vice-présidente pendant quatre ans. Jean-François Weiss, vice-président et trésorier de Bienvenue Strasbourg, dont l’objet est d’accueillir les nouveaux arrivants, commente :  « Hélène a un attachement local fort. Elle aime profondément son territoire et le faire découvrir aux autres. »

En 2017, Emmanuel Macron arrive au pouvoir. Hélène Hollederer regarde d’un oeil attentif et surpris l'ascension de l’ancien ministre de l’économie. « Un jour, ma fille aînée m’emmène à une réunion publique de Bruno Studer, tout juste élu député La République en marche de la circonscription. » « En quelques clics », Hélène Hollederer devient adhérente : « Cela correspond à mes idées et mes valeurs, je suis centriste. » Dans la foulée, elle s’engage dans le comité local piloté par Raphaël Kleinklaus. Quand les élections municipales partielles viennent perturber la scène politique schilikoise, le parti décide de ne pas se lancer « par manque de temps et de préparation », selon Raphaël Kleinklaus. « Je savais qu’il ne fallait pas y aller sans projet » indique-t-elle. Mais c’est à ce moment-là que l’idée de mener une liste a germé dans sa tête. « Au niveau local, on a le temps de faire bouger le quotidien des gens tout en ayant une vision pour le futur. » « Un profil nouveau mais expérimenté en politique, c’est exactement ce que cherchait le parti LREM », indique Vincent Mathieu. « L’investiture a été accueillie de façon naturelle », assure-t-on dans le comité. 

Entourée de figures politiques locales

La candidate a préparé le passage à la vie publique : « J’ai mis en garde mes enfants contre les réseaux sociaux car les attaques peuvent y être dures. Etre en campagne, c’est aussi s’habituer à avoir son image partout. » Son défi : gagner en notoriété. « Je ne suis pas totalement inconnue à Schiltigheim », se convainc Hélène Hollederer qui habite dans la commune depuis vingt ans. « Le terrain, c’est sa force », indique Odile Barreault, élue à la région Grand Est et ancienne conseillère municipale à la culture, qui a rejoint son équipe. « Elle sait s’entourer, c’est son atout », commente Olivier Ferrand, son directeur de campagne. Parmi les figures politiques locales qui ont rallié son projet, Ahmed Fares, ancien conseiller à la tranquillité publique de Jean-Marie Kutner, maire de 2014 à 2018, implanté dans le quartier des Ecrivains. « Elle conserve un rôle d’arbitre, c’est elle qui prend les décisions », souligne Odile Barreault. 

Sa liste pour mars 2020 n’est pas encore établie : « J’observe chacun dans la campagne. Je me laisse du temps. » Elle attend aussi pour dévoiler son jeu face aux autres candidats, et notamment Christian Ball, élu d’opposition, qui portera les couleurs des Républicains. Du côté de l’équipe municipale de Danielle Dambach, les rumeurs enflent sur une alliance de la gauche au premier tour entre Europe Ecologie les Verts, le PCF et le PS. Face à ses concurrents, « je trace mon chemin, je ne regarde pas les autres », affirme Hélène Hollederer. 

Réponse dans les urnes

Dans le sillage d’Emmanuel Macron, elle se place au dessus du clivage gauche-droite : « Au niveau local, ce n’est plus opérant », commente-t-elle. Et comme le président, elle lance, sur internet et en porte à porte, une consultation citoyenne à partir de la mi octobre pour recueillir les propositions des habitants, qui lui serviront à construire un programme. Suivra-t-elle encore les traces du fondateur de La République en marche dans les urnes ? A Schiltigheim, Emmanuel Macron avait obtenu 75% des voix au second tour de l’élection présidentielle.

Pauline Boutin

Estelle Burckel

« Dans les bois » signe le retour de la chanteuse Tartine Reverdy. Accompagnée d'Anne List (basse et chant) et Joro Raharinjanahary (guitare, chant et percussions), elle sera sur la scène de la Briqueterie de Schiltigheim les 10 et 11 octobre prochains. Avec pour thème, la nature, les bois et les animaux, le nouveau spectacle de la compagnie est à destination des petits et grands, dès 4 ans. 

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