Rompre le cycle de la pauvreté
Eurodéputés, ONG et experts, ont travaillé ensemble pour comprendre concrètement ce qu’est la pauvreté infantile et la définir. Des critères liés aux conditions de vie de l’enfant ont été retenus. “Un enfant pauvre est un enfant qui ne mange pas assez, qui n'a pas un logement confortable, qui n'a pas assez d’argent pour aller à l'école, chez le dentiste...”, explique Ally Dunhill, directrice de la politique et de la communication pour le réseau d’organisations Eurochild. Lutter contre ces problématiques permet surtout d’éviter la perpétuation de la précarité. “Parce qu’un enfant pauvre sera un travailleur pauvre et un retraité pauvre, il faut rompre le cycle de la pauvreté, sa transmission entre les générations”, a souligné João Oliveira.
Tunisie, Colombie, Bangladesh… Dès les prochains mois, les ressortissants de ces pays pourront voir leur demande d’asile rejetée par l’Union européenne (UE) au cours d’une procédure accélérée.
Ces États font partie d’une liste commune de seize pays d’origine sûrs, selon l’UE. C’est l’une des deux législations du Pacte sur la migration et l’asile adoptées en plénière ce mardi (408 pour, 184 contre, 60 abstentions). À gauche de l'hémicycle, les députés ont dénoncé une liste ignorant les violations des droits humains dans les pays concernés, alors qu’elles sont largement documentées par les ONG. “Comment osez-vous affirmer que la Tunisie est un pays sûr, alors qu’elle a fait l’objet d’une résolution d’urgence sur la situation de l’État de droit et des droits humains, en novembre 2025 !”, s’est indigné Damien Carême, eurodéputé The Left (extrême-gauche).
Ce jeudi 12 février, le Parlement européen s'est prononcé en faveur d'un rapport de lutte contre la pauvreté qui replace les enfants au centre de l'enjeu, grâce à un budget propre. Un texte clé dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, prévue au deuxième trimestre 2026.
“L’éradication de la pauvreté est un choix politique”, affirme João Oliveira (The Left, extrême gauche), à l’origine d’un rapport d’initiative de lutte contre la pauvreté. Adopté à 385 voix contre 141 ce jeudi 12 février, ce texte vise à éradiquer la pauvreté d’ici à 2035, en faisant de la précarité infantile une priorité. Il est d’autant plus crucial qu’il permet au Parlement d'influencer la Commission avant la publication d’une nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté, au deuxième trimestre 2026. L’ambition est claire : réduire d’au moins 5 millions le nombre d’enfants en risque de pauvreté, qui s'élève aujourd’hui à 19,5 millions, soit un enfant sur quatre. Pour y parvenir, les députés se sont prononcés pour l’accès gratuit à l’éducation, à la santé, à un repas sain par jour ou encore au droit à un logement adéquat. Des mesures étroitement liées à l’adoption d’un budget de 20 milliards d’euros, pierre angulaire du rapport.
Mardi 10 février à Strasbourg, sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite, les eurodéputés ont adopté définitivement deux réformes permettant aux Etats membres d’externaliser leur politique d’asile et de développer l’examen accéléré des demandes.
Mardi 10 février à Strasbourg, sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite, les eurodéputés ont adopté définitivement deux réformes permettant aux Etats membres d’externaliser leur politique d’asile et de développer l’examen accéléré des demandes.
La régularisation des migrants en Espagne divise le Parlement européen
Sous l’impulsion de la droite, mardi, le Parlement européen s’est emparé du sujet de la politique migratoire espagnole. Le 27 janvier, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a présenté un projet de décret visant à régulariser 500 000 migrants, ce qui a fait réagir dans l’hémicycle strasbourgeois. La gauche (S&D et Verts) a défendu une immigration nécessaire pour payer les retraites et répondre aux besoins croissants dans le secteur des soins. Une immigration "de l’intégration et de l’avenir", a insisté la député espagnole Iratxe Garcia Pérez. A droite (PPE), les députés ont fait part de leur inquiétude quant à "l’appel d’air" de cette régularisation qui ouvrirait les portes de l’Europe et irait à l’encontre du pacte migratoire de l’espace Schengen. "Si vous voulez accepter des migrants, sortez de l’espace Schengen", a lancé le député ultraconservateur Jacek Ozdoba (ECR).
Jeanne-Esther Eichenlaub
97% des jeunes dans l'Union européenne utilisent internet tout les jours, selon le plan d'action présenté par la Commission.