C’est pour conserver l’architecture remarquable de l’édifice, notamment ses angles arrondis et la hauteur de ses niveaux, que le squelette de la “nouvelle salle de brassage” a été préservé. “On a dû garder la structure principale, qui est de bonne qualité malgré son âge”, explique Lucas, le conducteur de travaux. Le bâtiment a vu le jour en 1959, lors de la reconstruction du site Fischer suite aux bombardements de 1944.
Un bâtiment historique
De son bureau, installé dans un préfabriqué, Lucas a vue sur une partie du chantier. Vêtu de sa veste orange fluo floquée au nom d’Eiffage, il décrit la démolition partielle de l’édifice comme un exercice sensible et dangereux. À l’aide d’un Blokk, un engin au long bras articulé, la destruction s’effectue par le haut, petit à petit, de manière à alléger la structure. Un travail de funambule, puisqu’il a fallu démolir les murs extérieurs de l’édifice tout en conservant les poteaux de béton et certaines poutres horizontales. “À la fin, nous nous sommes retrouvés avec une maison sur pilotis !”, s’exclame le technicien. La crainte principale a été le flambement des poteaux qui, sans les murs, maintenaient quasiment à eux seuls le bâtiment debout.
Ala'a Chhadee, Manon Martel et Sophie Pouzeratte
Statu quo
L’idéal serait de résoudre le problème à la racine. Attribuer un nouveau code postal ? Depuis les années 2000, la base de données des codes de La Poste ne change plus, puisque toute modification aurait un impact sur l'organisation, le paramétrage des machines, et donc présenterait un coût notoire pour l'entreprise. Rebaptiser les rues ? Si les conseils municipaux proposent et valident les nouveaux noms de rue, les habitudes en matière d'adresses ont la vie dure : "On a constaté que quand on change le nom d'une rue, vingt ans après, on a encore du courrier à l'ancienne adresse", explique Benoît Coupechoux. Aux habitants des 19 rues homonymes de Hoenheim et Bischheim de rester vigilants, à l'instar de Friedrich Graffmann. Depuis qu’il a mis un mot sur sa boîte aux lettres, il n'a plus rencontré de problème.
Emma Bougerol
Sur la route de Bischwiller, une quinzaine de kebabs s'entassent du nord de la mairie de Schiltigheim jusqu'au sud de Bischheim. Face à une concurrence accrue, ils ont dû diversifier leurs offres pour se démarquer et continuer d'exister.
Les années 1950 signent le déclin du tramway. Si la fréquentation a augmenté pendant la Seconde Guerre mondiale, elle baisse de nouveau ensuite. Moins cher, plus rapide et surtout moins encombrant, le bus vole peu à peu la vedette au tramway. Alors que la voiture se démocratise, la priorité est de lui réserver l’espace de circulation. Les lignes ferment les unes après les autres et la dernière, circulant du Neuhof à Hoenheim, est arrêtée le 30 avril 1960.
Photo prise en août 1958 à l’actuel 73, rue de la République (Hoenheim)
© Strasbourg-Tramway © Emma Steven