Un public intéressé et solvable
Sportifs de haut niveau, entrepreneurs et cadres constituent l’essentiel de la clientèle aisée de ces thérapeutes. Les prestations de médecine douce ne s’adressent pas à tous les portefeuilles: la fourchette des prix s’étend de 50 à 90 euros. Il faut compter plus d’une centaine d’euros pour un suivi de plusieurs séances. Des frais que la sécurité sociale ne rembourse pas. “Les personnes qui viennent [du reste] de la Robertsau ont un niveau de vie plus élevé que ceux de la Cité de l’Ill par exemple”, déclare Isabelle Camisan, sophrologue depuis 2018. À l’image de la majorité des praticiens, son cabinet est situé non loin de la rue Boecklin. Dans ce secteur, le revenu disponible médian avoisinait les 29 000 euros par an en 2018 selon l’Insee, soit environ 10 000 euros de plus que sur l’ensemble de Strasbourg. À la Robertsau, un tiers des actifs occupés sont des cadres et professions intellectuelles supérieures.
3 500 m². C’est la surface du bois privé rue de Bussière qui va bientôt disparaître pour laisser place à deux immeubles et une maison dans le quartier de la Robertsau. L’annonce du permis de construire, accordé en mai dernier au promoteur et propriétaire Nexity (voir encadré), a fait bondir les riverains et les élus d’opposition. “C’est une catastrophe pour la biodiversité, le bois de Bussière est le dernier poumon vert du quartier!”, s’insurge la riveraine Christiane Cornec Rubio, à l'origine d’une pétition en ligne demandant le retrait du permis de construire. Mi-novembre, environ 36 000 personnes l’avaient déjà signée. Pourtant, aucune étude approfondie n’a été menée sur le terrain, notamment pour détecter de potentielles espèces sur liste rouge – ce qui aurait pu permettre d’envisager une suspension du projet. Un tel audit coûte entre 3 000 et 5 000 euros selon les estimations de l’Office des données naturalistes du Grand Est: trop onéreux pour les associations de défense de la nature. Aucune ne s’est spontanément exprimée sur le sujet.
La dernière en date à s’être installée est Sabine Joly. Ouvert depuis septembre 2021, son cabinet cohabite avec une ferme de permaculture. La bio-magnétiseuse y reçoit ses clients et leur appose des aimants sur le corps pour le renforcer contre les “micro-organismes”. Pour l’instant, cette ancienne consultante de l’Agence régionale de santé (ARS) attire sa clientèle par le bouche-à-oreille. Elle travaille sur la création de son site internet pour faire davantage connaître son cabinet “Pleins Champs”.
Depuis juillet 2021, l’association mène un nouveau projet intitulé “La vie à la Robertsau durant la Seconde Guerre mondiale”. Les bénévoles recueillent les témoignages d’habitants concernant l’exode, les Malgré-nous ou les formes de résistance. La Ville se dit prête à soutenir l’initiative.
Anthony Jilli et Joffray Vasseur
Le premier chantier coûte plusieurs centaines de milliers d’euros, quand le second dépasse le million. Mais grâce à l’inscription de sa maison, Claude Hiéronimus peut espérer recevoir jusqu’à 30% de subvention sur le montant des travaux. “Les aides existent. À nous de nous battre et de défendre notre projet”, insiste-t-il. Son chantier devrait ouvrir ses portes au public lors des Journées du patrimoine en septembre 2022.
Juliette Vienot et Khélian Yousfi