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Un changement générationnel 

Le choix du lieu d’inhumation peut encore faire débat et provoquer des discordes au sein des familles. Aihmad, habitant de Strasbourg depuis sa naissance, accroche son vélo sur les arceaux gris devant le cimetière. Il vient déposer des fleurs sur la tombe de son père, décédé en septembre 2023. Sa sœur et lui ont décidé de garder leur parent près d’eux, “pour ne pas le laisser seul au Maroc”. Ce choix a créé des tensions avec sa mère, depuis apaisées. 

Si certaines personnes gardent la possibilité du rapatriement par la prévoyance, “la question ne se pose plus tant que ça parmi les fidèles que je côtoie”, estime Saliou Faye, imam de la Mosquée de la Fraternité. Les musulmans arrivés en France entre les années 1950 et 1960 pensaient qu’ils rentreraient dans leur pays après leur retraite. Beaucoup étaient réticents à l’idée d’enterrer leurs proches à Strasbourg. À cause de l’éloignement avec leurs familles restées au pays, ils redoutaient que leurs tombes soient abandonnées. Mais cette crainte se dissipe. Leurs enfants sont nés et ont fondé leurs familles en France. Cette présence rassure aussi quant à la pérennisation de la concession.  

Nouvelle extension en cours

Cette évolution des pratiques funéraires génère une nouvelle problématique : le manque d’espace. Deux extensions du cimetière ont déjà vu le jour depuis sa création en 2012, doublant quasiment le nombre d'emplacements. “On a passé toute notre vie ici, on aimerait vraiment avoir une place”, s’inquiète Azzedine Tabete. C’est une crainte que partage Lidia Bekhouche. Elle aurait voulu en “réserver” une. Sa mère éprouve le souhait d’être inhumée auprès de sa fille. Selon le gestionnaire du cimetière, il n’y a pas lieu d’être inquiet concernant un potentiel manque de places. “Il y en aura probablement pour au moins dix ans avec la nouvelle extension”, estime-t-il. Un chantier débutera dès 2024 sur le terrain vague accolé au cimetière public musulman pour l’agrandir.

Aujourd’hui, plus de 1 000 personnes reposent dans le cimetière public musulman. S’y faire enterrer est entré peu à peu dans les habitudes des fidèles bas-rhinois. Ils souhaitent que leurs familles puissent se recueillir sur leur tombe après leur décès. Habitant de la Meinau depuis plus de quarante ans, Azzedine Tabete, chargé de la surveillance du cimetière, ne se voit pas quitter le quartier où il a vécu, travaillé et construit sa famille. "Je veux que quand mes enfants et mes petits-enfants viennent au foot, ils puissent penser à moi (le cimetière est situé à côté des terrains de foot de la Canardière, NDLR)", explique-t-il. Jalila Bekhouche, née en France, est catégorique : "Pour moi, mon pays, c’est la France, alors je veux me faire enterrer ici." Cette tendance à se tourner vers l’inhumation à Strasbourg s’est amplifiée depuis la pandémie de Covid-19. 

Lorsque l’on pénètre au 78, rue de la Plaine des Bouchers, rien n’évoque des chantiers d’hydrogène vert. Seul un œil averti remarquera les copeaux et sciures de bois qui s’amoncellent près d’une zone interdite au public. Il s’agit du bois de "la Forêt-Noire et des Vosges qui présentent un grand potentiel", détaille l’ingénieur Julien Frey. R-Hynoca est la première station de production au monde d’hydrogène vert à partir de biomasse locale. Ce projet est porté par l’association du Réseau Gaz de Strasbourg (R-GDS) et de Haffner Energy, associés depuis quatre ans pour promouvoir cette énergie renouvelable. Avec ce chantier "démonstrateur", Christian Bestien, directeur général adjoint de Haffner Energy, veut "montrer que le procédé fonctionne".

Lorsque l’on pénètre au 78, rue de la Plaine des Bouchers, rien n’évoque des chantiers d’hydrogène vert. Seul un œil averti remarquera les copeaux et sciures de bois qui s’amoncellent près d’une zone interdite au public. Il s’agit du bois de “la Forêt-Noire et des Vosges qui présentent un grand potentiel”, détaille l’ingénieur Julien Frey.

R-Hynoca est la première station de production au monde d’hydrogène vert à partir de biomasse locale. Ce projet est porté par l’association du Réseau Gaz de Strasbourg (R-GDS) et de Haffner Energy, associés depuis quatre ans pour promouvoir cette énergie renouvelable. Avec ce chantier “démonstrateur”, Christian Bestien, directeur général adjoint de Haffner Energy, veut “montrer que le procédé fonctionne”.

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Le cimetière public musulman se situe à la limite des communes de Strasbourg et de Illkirch-Graffenstaden. © Elsa Rancel et Louise Pointin

La gare Krimmeri : deux voies, deux usages 

Deux autres chantiers

Juste en face de R-Hynoca, R-GDS a inauguré cet été la plateforme R-Hyfie, une infrastructure d'expérimentation et de formation à l’hydrogène.  Si l'hydrogène est un gaz puissant qui a permis de propulser la fusée Ariane, il se maîtrise difficilement. C’est pourquoi les pompiers du Bas-Rhin viennent s’entraîner à éteindre des incendies provoqués par des fuites de gaz. “Ce n’est pas plus compliqué, fait remarquer le lieutenant-colonel Pierre-Jean Cheze, c’est surtout un gaz avec une large plage d’explosivité dont la flamme est invisible à l'œil nu.” Le personnel R-GDS y apprend aussi à raccorder les réseaux, à s’assurer du fonctionnement du matériel et à repérer les fuites.

Un peu plus loin, R-GDS se projette aussi dans la distribution avec la construction d’une plateforme multi-énergies lancée il y a deux mois. Elle distribuera l’hydrogène produit sur place, du gaz naturel comprimé (GNC) ainsi que deux points de recharge électrique, notamment à destination des poids lourds.

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© Camille Fraioli et Clara Gross

Le bruit répété de la foreuse au stade de la Meinau n’empêche pas les boulistes d’occuper le parc de l’Extenwoerthfeld depuis plus d’une heure. "On se donne rendez-vous, été comme hiver, à 14 h pétantes", affirme Nicole. À deux pas du Rhin Tortu, Krimmeri en alsacien, les retraités des quartiers de la Meinau et de Neudorf jouent hors club, entre passionnés.

Bien équipés, ils récupèrent leurs boules à l’aide de ramasseurs magnétiques. Ils se placent au centre d’un cerceau jaune, pointent tour à tour sous le regard attentif de leurs adversaires et se taquinent à mesure que la boule se rapproche du cochonnet. Deux cents mètres plus loin, les aires de jeux, elles, sont tristement vides. En ce mois de novembre, aucun enfant n’a eu le cœur à glisser le long des toboggans ou à se balancer sur les jeux à ressort.
 

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© Aryel Camus

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