30 avril 2026

La Côte d'Ivoire est le premier pays exportateur de cacao, suivi de près par le Ghana, le Cameroun et le Nigeria. © Pexels
Le Parlement européen valide les évolutions de l'accord sur le cacao
Le Parlement européen se prononce largement en faveur d’une meilleure rémunération des cacaoculteurs. Ces derniers ne bénéficient pas de la hausse des prix du chocolat (4 % d’augmentation en avril 2026), liée à la spéculation. Ce mercredi, les députés ont voté (601 voix pour, 13 contre) la modernisation de l’Accord international sur le cacao de 2010, afin de l’adapter aux évolutions du marché. Selon Eurostat, l’UE consomme 48 % des fèves de cacao produites dans le monde. Les principales modifications apportées à ce texte sont les suivantes : un revenu minimal et des prix plus rémunérateurs pour les producteurs de cacao, une série de mesures concrètes visant à valoriser durablement et économiquement cette denrée et la durée illimitée d’application de cet accord (sous réserve d’un réexamen tous les cinq ans). Les pays producteurs soutiennent également cet accord.
Ella Peyron
L’Union européenne, grande absente des négociations entre Israël et le Liban
« La semaine dernière nous avons signé un prêt de 45 millions d’euros d’aide directe pour le ministère des affaires sociales libanais. [En plus] 100 millions d’euros d’aide humanitaire ont été fournis », déclare la commissaire européenne Hadja Lahbib lors d’un débat inédit sur la situation au Sud-Liban ce mercredi. Depuis le 3 mars et le début de l’offensive israélienne dans le pays, c’est la première fois que l’Union européenne (UE) envoie des aides directes au Liban.
Malgré ces annonces, l’UE reste à la porte des négociations entamées en avril entre les gouvernements libanais et israélien sous la supervision des États-Unis. « Il faut être lucide. Nous avons disparu du jeu diplomatique mondial », estime la députée européenne Laurence Trochu (ECR, extrême droite) au cours du débat. Pour les groupes de gauche, un seul levier reste possible afin que l’UE s’impose dans ces discussions : la suspension de son accord commercial avec Israël.
Emma Simon
Contrôle du budget 2024 : un feu vert mais une demande d'explications
Le Parlement européen a validé la gestion du budget de l’Union européenne pour 2024, tout en adressant une série de critiques à l’exécutif. En ligne de mire, l’opacité du fonds de relance post-Covid (FRR) : le Parlement exige que la Commission publie la liste des principaux bénéficiaires à la fin de l’année, sous peine d’action en justice. « Nous voulons veiller à protéger le droit des citoyens de savoir où vont les flux d’argent », a indiqué Daniel Freund (Les Verts, écologistes), en charge du dossier. Les députés ont aussi pointé du doigt le recul continu de l’État de droit, la corruption systémique et les attaques contre les droits fondamentaux dans plusieurs États membres, réclamant plus de sanctions. L’élu des Verts a visé directement la Slovaquie, en demandant le lancement d’une procédure de conditionnalité pouvant aller jusqu’au gel des fonds.
Salomé Fabre
Procuration en gestation pour les eurodéputées en congé maternité
« Aucune députée ne doit perdre son droit de vote parce qu’elle devient mère », a déclaré Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, dans l’hémicycle. Ce mercredi, les députés ont voté à une écrasante majorité en faveur de la révision de la loi électorale permettant aux députées de déléguer leur droit de vote, par procuration, au sein du Parlement. Elles ne seront plus dans l’obligation de venir dans l’hémicycle pour voter durant les trois mois précédant la date prévue de la naissance de leur enfant et jusqu’à six mois après leur accouchement. Juan Fernando Aguilar (S&D, gauche), le député en charge du texte, se félicite de cette avancée permettant un changement « garantissant que la maternité n’oblige jamais les élues à choisir entre leur vote et leur enfant ». La loi doit maintenant être officiellement adoptée par le Conseil et ratifiée par tous les États membres.
Fanny Turquais
Des ONG se mobilisent pour l'interdiction des importations de produits animaux non-conformes au droit européen
L'obligation d'une norme équivalente sur les conditions d'élevage et de transport pour importer des produits animaux, c'est ce que demandent L214, Project 1882 et six autres organisations non gouvernementales européennes réunies ce mercredi sur le parvis du parlement européen. Leur objectif : obtenir des mesures miroirs afin, par exemple, que des poulets d'Ukraine ne respectant pas les normes européennes ne soient pas autorisés à être importés. Le danger pour Olivier Morice, chargé d'affaires publiques pour L214, c'est « de perdre un modèle européen encensé, parce que la compétitivité est un enjeu pour l'Union européenne, et que pour être compétitif, il faudra qu'on s'aligne avec des standards de production moindres ». Avec le soutien des eurodéputés, l'adoption des mesures miroirs constituerait un pas de plus vers la protection des animaux et vers la limitation de la concurrence déloyale pour les éleveurs.
Adèle Tabaali
Guerre au Soudan : le Parlement européen se donne bonne conscience
« Le Soudan est devenu un tsunami de souffrances et fait incroyable : personne n’en parle », tonne Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’égalité. Les députés européens se sont réunis ce mercredi afin de commémorer les trois années de guerre au Soudan, opposant les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Murielle Laurent (S&D, gauche), rappelle l’urgence humanitaire : « L'Union européenne doit continuer à apporter de l'aide et elle doit aussi, sur un aspect plus politique, exercer une pression plus importante pour influencer l'arrêt de ce conflit. » Pour les eurodéputés, la mobilisation devra en particulier passer par un maintien des budgets humanitaires européens. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes et été marqué par l’usage de violences sexuelles comme instrument pour semer la terreur.
Estelle Bouchart