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Pour l’eurodéputé espagnol Raimon Obiols (S&D), l’Union pour la Méditerranée paye aujourd’hui ses erreurs passées et une conception bancale. Membre de la délégation à l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée, il n’hésite pas à faire la critique de cette institution qui n’a pas avancé.
L’Union pour la Méditerranée a-t-elle encore un avenir ?
Avec le changement de coprésidence, l’Union pour la Méditerranée peut prendre un profil pragmatique. Ce qui est bien en dessous du projet initial. Il n’y aura plus vraiment de géopolitique comme le voulait Nicolas Sarkozy en 2008. On va avoir une approche beaucoup plus réaliste aujourd’hui.
Pourquoi l’UpM a été incapable de remplir ses objectifs ?
L’UpM a été mal conçue dès le départ. Elle a été très liée à la politique française via la campagne présidentielle de 2007. Il y a eu les beaux discours d’un côté. Le manque de réalisme et de précision d’un autre. En fait l’intendance n’a pas suivi les paroles. L’union a été conçue de manière bien trop politisée, pas assez pragmatique. Cela manquait aussi d’argent, ce qui a provoqué l’échec de plusieurs projets.
Retour sur les marchés
Mais pour le FMI ce second programme ne se termine pas en décembre 2014. A la différence de l'eurozone, il prévoit d'échelonner son assistance financière jusqu' à février 2016. Pour cette période supplémentaire, sa contribution, selon la Commission (2), devrait s'élever à 9,1 milliards d'euros, portant le total du programme d'aide à 173,6 milliards €.
Or, de 2015 à 2017, les besoins financiers d'Athènes, pour conserver sa trajectoire, sont d'ores et déjà estimés à 44 milliards €. La différence, le gouvernement devra l'assumer en poursuivant sa politique de privatisation - censée rapporter 17,7 milliards à l'Etat…et en levant 17,2 milliards € sur les marchés. C'est là que le bât blesse : même dans le plus optimiste de ses scenarii le rapport de la Commission juge lui même peu probable l'hypothèse d'un retour de la Grèce sur les marchés à l'horizon 2015.
Un troisième programme d'aide paraît donc aujourd'hui inévitable. Si tout se passe pour le mieux d'ici là.
Clémence Mermillod, Rémy Dodet
(1) 34 milliards selon le FMI
(2) L'échéancier du FMI ne prévoit qu'un versement de 8,2 milliards pendant cette période.
Selon la version officielle, le programme d'aide à la Grèce se montera d'ici fin 2014 à 130 milliards €, dont 28 pour le FMI . Un rapport de la Commission rendu public le 14 mars par l'agence Reuters établit que le montant de l'aide à verser dans le cadre de ce second programme sera beaucoup plus élevé, oscillant entre 164,5 et 173,6 millards selon la périodisation retenue (voir tableau) .
Sur les 110 milliards € du premier plan décidé en mai 2010, 37 milliards (1), dont 9,9 pour le FMI, n'ont toujours pas été versés. Ce reliquat est pris en compte dans les ressources affectées au second programme d'aide, et vient s'ajouter aux 130 milliards annoncés. En clair, d'après le rapport de la Commission, l'Eurogroupe et l'institution de Washington vont en réalité prêter 164,5 milliards € à la Grèce entre 2012 et 2014, dont 112 dès cette année. Selon l'échéancier fourni par la Commission, la contribution du FESF s'élèvera à 144,7 milliards, et celle du FMI à 19,8 milliards.
Ces contributions publiques, pourtant, ne devraient pas suffire à satisfaire aux besoins estimés pour ces trois années. Si la réussite de l'opération PSI (Private Sector Involvment) devrait lui permettre d'effacer 107 milliards de sa dette, le Trésor grec, selon ce document, aura sur cette période besoin de 178,6 milliards d'euros pour rester sur la trajectoire d'une dette ramenée à 117% du PIB en 2020. C'est à Athènes qu'il incombera de trouver les fonds manquant. Ils devront provenir pour l'essentiel de privatisations, dont la Commission prévoit qu'elles rapporteront 11,8 milliards d'euros.
Un statut plein de ressources
Ils sont treize à pouvoir se targuer du statut d' europarti en 2012. À ce titre, ils se partageront 18 900 000 € de subventions du Parlement européen – une aide versée depuis 2004. Selon le règlement qui encadre leur statut, 15% de ces crédits sont dsitribués également entre tous les partis. Les 85% restants sont répartis proportionnellement aux nombres d'élus au Parlement européen.
Pour avoir accès à ce statut, les « partis politiques au niveau européen » doivent prouver leur représentativité dans au moins un quart des Etats membres, leur respect des principes communautaires fondamentaux, et leur participation aux élections européennes. Ils ont également une obligation de transparence : ils doivent publier leurs recettes et dépenses chaque année, et déclarer leurs sources de financement.
Le Parlement couvre ainsi jusqu'à 85 % de leurs dépenses, essentiellement des de fonctionnement : réunions, publications, études, frais administratifs, de personnel et de déplacement. Lors des campagnes électorales européennes, ces fonds ne peuvent servir à financer des partis ou candidats nationaux. Ils doivent uniquement être affectés à des dépenses liées à un programme politique européen.
Depuis 2008, le Parlement subventionne aussi les fondations politiques, laboratoires d'idées et instruments de propagande des europartis. Leur fonction est de nourrir le débat politique, et d'effectuer des activités de recherche et de communication. Cette année, douze fondations européennes se répartissent ainsi 12 000 000 € supplémentaires.
L'Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN), présidée par Bruno Gollnisch, est devenue le 13 février 2012 un « parti politique au niveau européen ». À la clef : 289 266 € de subventions communautaires pour 2012. Cette décision a déclenché une bronca de protestations chez les eurodéputés. Le britannique Claude Moraes (S&D) a notamment appelé à son « boycott ».
« J'ai voté contre ces financements »
« C'est leur conception de la démocratie ? », réagit Bruno Gollnisch, en mettant en avant le caractère européen de sa formation politique. « Nous ne sommes pas les barbares que nos adversaires dépeignent, ni des nationalistes au sens étroit du terme. Nous avons des parlementaires légalement élus et nous sommes plus fidèles aux valeurs européennes que nos adversaires », a-t-il déclaré à Cuej.info.
Quant aux subventions, il juge certaines « scandaleuses », pointant du doigt les plus de six millions d'euros accordés au Parti populaire européen – l'europarti, à ne pas confondre avec le groupe politique. L'ex-candidat à la présidence du Front national affirme même avoir voté « contre ces financements ». Son opposition se fondait alors sur les écarts d'allocations produits par la règle de répartition choisie – 6 482 715 € au PPE contre 241 807 € pour les EUDemocrats –, mais aussi sur une résistance idéologique : « Pourquoi des électeurs-contribuables devraient financer des partis contraires à leurs idées ? »
Pas question pour autant de faire une croix sur la somme qu'il s'est vu attribuer : « Ces crédits – 300 000 € pour 2012 – serviront à faire connaître nos opinions et notre combat ». Preuve de l'activité européenne qu'on lui conteste, l'AEMN a même tenu il y a quelques jours une réunion pour planifier ce budget.
Une réserve cependant: lorsqu'on lui demande si l'AEMN est bien un « parti politique européen », Bruno Gollnisch préfère répondre que ce n'est qu'une « alliance » .
Un europarti ? « À l'intérieur d'un mauvais système, c'est ce qui permet de rassembler des armes. »
Clément Lacaton et Chloé Mahier
La répartition des subventions du Parlement entre les europartis pour l'année 2012 a été arrêtée
le 13 février. Une nouvelle formation, présidée par le Français Bruno Gollnisch, fait son entrée dans le club.
Certains députés appellent à son boycott.