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(Crédits : R.T./Cuej)
Soirée des familles, conférences et concerts, les festivités inaugurales se poursuivent jusqu’au dimanche 20 octobre.
Renaud Toussaint
Un rectangle de verre et de béton aux lignes sobres et contemporaines, au cœur du Parc de la petite Orangerie. Une vaste salle modulable, ouverte sur l’extérieur. La paroisse protestante de la Robertsau prenait samedi ses quartiers dans son nouveau foyer Mélanie de Pourtalès. Une nouvelle page dans l'histoire de cette communauté implantée à la Robertsau depuis le XVIe siècle. Reste à faire vivre ce projet à près d’un million d’euros avec les paroissiens… et les Robertsauviens.
Au collège François Truffaut, maille Karine, une association vient en aide aux élèves de troisième dans leur recherche de stage en entreprise. Des premiers pas qui revêtent une importance particulière pour des jeunes issus d'une zone sensible et durement touchée par le chômage.
Cette semaine, le collège François Truffaut, au nord de Hautepierre, prépare ses élèves de troisième aux stages en entreprise. Amel Bellahcene, de l'association D-Clic, est intervenue dans les 5 classe du collège. Ce mercredi 9 octobre, il lui restait deux classes à rencontrer. “Je suis là pour vous aider à trouver un stage en entreprise , annonce-t-elle. Voici mon numéro. Vous m'appelez et on fixe un rendez-vous pour discuter de vos envies et de ce que l’on peut vous proposer.” Provocateur, un jeune garçon lève la main : « C'est votre numéro personnel ?” Eclat de rire général. Mais le calme est très vite ramené par Thierry Kiledjian, le principal de l’établissement depuis septembre.
Mis en place en 1996, le stage de troisième est devenu un passage obligé. Mais pour les élèves de Hautepierre, la tâche s’avère ardue. “Ici, les enfants ont un mal de chien à trouver un stage, confie Nathalie Sommer, la professeur de physique-chimie. Les parents ne travaillent pas forcément, ils manquent de contacts et de conseils. Et puis, quand les employeurs entendent Hautepierre…”, s’arrête-t-elle, laissant planer le sous-entendu.
Une cinquantaine d’entreprise engagées
Fondée en 2008 par d’anciens habitants du quartier, D-Clic est en partenariat avec une cinquantaine d’entreprises qui se sont engagées à accueillir les élèves de Hautepierre. “Pour le collège, c’est un véritable atout, explique le principal, Thierry Kiledjian. Cela permet d’éviter le classique stage chez le coiffeur ou dans le Kebab d'à côté.” En effet, les stages proposés par les entreprises sont assez variés : travail dans le bâtiment avec Vinci Construction, dans les énergies durables avec Calitech, la location de voiture avec La clé du temps et même au service des archives du CHU de Hautepierre. “Un enfant issu des quartiers n’aurait jamais eu la chance de faire un stage comme ça sans D-Clic, s'enthousiasme Amel Bellahcene, seule salariée de l’association. Nos bénévoles mettent aussi la main à la pâte. L’un d’entre eux travaille à la tour de contrôle de l’aéroport de Strasbourg. L’année dernière, il a accueilli deux jeunes. Pour eux, c’était une expérience incroyable.” Au total, une vingtaine de collégiens ont sollicité D-Clic l'an passé. Ils ont tous obtenu un stage.
Mais le plus souvent, les élèves ignorent tout simplement où chercher. “Les jeunes ont du mal à quitter le quartier, se désole leur professeur Nathalie Sommer. Parfois, ils n’en sont jamais sortis.” Vahe aimerait faire son stage dans un petit restaurant du coin. “Il fait aussi chicha, tente-t-il d’argumenter timidement en face de son proviseur. Mais je ne sais pas si vous allez accepter.” Effectivement, Thierry Kiledjian désapprouve et renvoie le jeune dépité vers D-Clic. Même refus pour Sumeyra qui voulait postuler dans une maternelle du quartier. En effet le principal et son équipe éducative préféreraient qu'elle cherche son stage en dehors de Hautepierre.
En attendant un rendez-vous avec Amel Bellahcene, leur camarades et eux même pourront se faire une idée de leur orientation grâce au forum des métiers qui à lieu au milieu du mois de novembre. D-Clic sera également présent pour accompagner les collégiens.
Gabriel Nedelec
Maxime Le Nagard
Venues de Châtel (Haute-Savoie), Claudine Regensberg et sa fille Sophie, grandes fans d'Une famille formidable, ont pu rencontrer l'acteur Bernard Le Coq lors du tournage. (Crédits : E.C. et R.T./Cuej)
À l'étage d'en dessous, c'est dans un T3 que vit Julien en colocation. Cet agent SNCF de 28 ans a emménagé il y a deux semaines dans son nouvel appartement. S'il savoure le confort d'un immeuble moderne, il s'agace des quelques dysfonctionnements qui lui compliquent un peu la vie.
Près de 8h30 ce jeudi à l’école élémentaire Eléonore. Dans le brouhaha, les écoliers trempés par la pluie battante rentrent en classe. Aujourd’hui, une dizaine de pères et de mères ne rentrent pas chez eux après avoir déposé leurs enfants. Ils restent à l’école pour assister à l’atelier « ouvrir l’école aux parents pour réussir leur intégration ». Derrière ce long intitulé se cache la volonté pour l’Education Nationale de mieux intégrer les parents étrangers à l’école par l’apprentissage du français.
Douze parents de tous les âges et de toutes les origines s’asseyent autour de la table. Parmi eux, seulement deux hommes. Dans la salle de classe habituellement réservée aux enfants, l’alphabet attaché au dessus du tableau menace de se décrocher pour de bon. « Bonjour à tous ! Avez-vous fait l’exercice que je vous ai donné au dernier cours ? », demande avec sourire et énergie Latica Lunka. C’est le premier poste de professeur de français de cette jeune femme rousse de 26 ans.
« Je m’appelle Adam »
Xhevdet, l’un des papas se lance: avec un accent d’Europe de l’Est, il donne le nom de ses enfants, leur classe et le nom de leurs professeurs. Pendant un bon quart d’heure, chacun décline ainsi son exercice, avec plus ou moins de facilités. Latica Lunka s’arrête sur des tournures de phrase ou des mots de vocabulaire : « En français, on utilise beaucoup d’abréviations, par exemple « fac » pour « faculté », « bac » pour « baccalauréat. » Tous notent le cours avec beaucoup d’attention dans leur cahier d’écolier. Une demi-douzaine de femmes d’origine turque se soufflent les réponses quand l’une d’elles est interrogée.
A la manière des écoliers, chaque parent a installé une petite affichette avec son prénom sur son bureau. « Il y a tellement d’origines différentes que j’ai du mal à retenir tous les prénoms ! », sourit la professeur, de nationalité croate et en France depuis seulement 7 ans.