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Simon Hix, professeur de politique européenne comparée à la London School of Economics and Political Sciences est notamment l'auteur du livre « What's wrong with the European Union and how to fix it » (Polity Press, 2008). Il revient sur les grandes étapes de la formation des partis politiques européens.

«  La première étape remonte au milieu des années 50, quand le Parlement européen se réunit pour la première fois dans ce qui s'appelle à l'époque l'Assemblée des communautés européennes. Les premiers députés décident de se rassembler par groupes politiques transnationaux plutôt que par délégations nationales. C'est un événement historique : ils affirment ainsi leur volonté de siéger en tant que groupes politiques traversant les lignes nationales plutôt qu'en tant que députés français, allemands, italiens, etc. Voilà le point de départ. 
Ces formations s'établissent ensuite comme des organisations parlementaires avec chefs, groupes de travail, administrations, bref, tout ce qui accompagne la formation d'un groupe politique parlementaire.



Se rassembler en familles politiques paneuropéennes



Étape suivante: la décision de tenir des élections au suffrage universel pour le Parlement européen. Auparavant, les eurodéputés étaient des délégués des parlements nationaux, nommés par eux. Les premières élections européennes se déroulent en 1979. 
Pendant leur préparation, les partis politiques nationaux décident de se rassembler en familles politiques paneuropéennes pour coordonner leur campagne électorale. Certains attendent de ces élections qu'elles marquent le début de la démocratie à grande échelle en Europe. 
Les groupes politiques du Parlement deviennent alors les branches parlementaires de ces partis transnationaux. A cette époque, il en existe trois : les libéraux, les socialistes et le Parti populaire européen qui est une coalition de nombreux partis démocrates-chrétiens.
Mais après les élections de 1979 et de 1984, il apparaît très clairement que l'on n'aboutira pas spontanément à la création de partis politiques européens d'envergure. Et cela parce que les partis nationaux, bien qu'ils aient fondé ces organisations transnationales ou ces familles politiques, décident de ne pas mener campagne au plan européen. La tentation, pour eux, est trop forte de traiter ces élections comme un scrutin national à mi-parcours, donc de second ordre. Si bien que dans les années 80, les familles politiques entrent progressivement en stagnation. Plus rien ne se passe.



Naissance des sommets des leaders de partis



La fin des années 80 et le début des années 90, au moment du traité de Maastricht, marquent une troisième étape : la naissance des sommets des leaders de partis. 
Leur émergence se fonde sur l'idée que ces organisations transnationales peuvent fournir une enceinte utile aux chefs des partis nationaux pour peser sur l'agenda politique européen. A cette époque les chefs de gouvernement siégeant au Conseil européen ont mis la main sur cet agenda, qui comporte la réforme des traités, l'Union économique et monétaire, bref, tous les changements décisifs du début des années 90. 
Ces sommets de leaders deviennent pour eux le moyen de se rassembler en famille juste avant les réunions du Conseil européen, de discuter entre eux – leaders socialistes d'un côté, leaders du PPE de l'autre - et d'essayer de coordonner leurs positions. 



Résumons : d'abord des partis au sein du Parlement, ensuite les familles politiques qui se rassemblent pour mener la campagne des élections européennes et enfin ces sommets de leaders de partis. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui ressemble à une séparation entre les groupes politiques du Parlement européen, très puissants, et les partis transnationaux, qui se coordonnent vraiment autour des sommets de leaders. »

Propos recueillis par Clarisse Briot

Dès janvier, un nouveau parti, crée dans la foulée du "non" au traité de Lisbonne exprimé par l'Irlande le 12 juin 2008, devrait se voir reconnu par l'Union. L'Alliance des démocrates indépendants européens (Adie), elle, disparaîtra le 31 décembre.

Declan Ganley a décidé de voir les choses en grand. Cet homme d'affaires irlandais a largement financé et mené la campagne contre l'adoption du traité de Lisbonne sur son île natale. Fort de sa victoire, il a déposé fin octobre une demande de subvention auprès de la direction générale (DG) des finances du Parlement européen pour faire reconnaître Libertas, jusqu'ici simple bannière nationale, comme nouvelle force politique au niveau européen. Au même moment, l'Adie, créé par des euro-députés souverainistes et labellisé europarti en décembre 2006, choisissait de jeter l'éponge. Il était dirigé par les élus européens du MPF (Mouvement Pour la France).

De Villiers, figure de proue de Libertas



Selon sa secrétaire générale, Virginie Filippazzo, l'Adie n'avait plus les moyens de conserver son statut après le refus des partis nationaux membres de déléguer leurs pouvoirs à un organe supranational. Concrètement, il ne respectait plus la règle selon laquelle un parti européen doit compter des partis membres affiliés dans au moins sept pays de l'Union. Il sera donc dissous le 31 décembre. 
Parmi ses anciens chefs, Philippe De Villiers, qui mènera la campagne européenne de Libertas en France.

 Chaque année,les europartis qui souhaitent être reconnus par l'Union et bénéficier ainsi de ses subventions doivent répondre à un appel d'offre du Parlement. La date limite de dépôt des dossiers était fixée au 1er novembre 2008. Dix candidats y ont participé, le même nombre que l'année précédente. Neuf sollicitaient leur renouvellement. Libertas est le seul nouveau postulant enregistré par la DG finances. 
L'organisation pourra prétendre officiellement au titre d’europarti lorsque le Bureau du Parlement aura vérifié la conformité de son dossier aux critères établis par le règlement de 2003. Verdict le 2 février 2009.

Pauline Ringenbach

Pour aller plus loin : le règlement du 18 décembre 2007 relatif au statut et au financement des partis politiques au niveau européen

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Alain L. Parlemenr ...

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« Crise du logement » : l'expression revient sans cesse dans la bouche des politiques, associations et autres spécialistes de la question. Dans le Bas-Rhin, le nombre de toits est satisfaisant. La précarité grandissante complique cependant l’accès au logement et devenir propriétaire s’avère de plus en plus difficile. Découvrez le dossier multimédia réalisé par les étudiants du CUEJ.

La crise l’impose à l’Eurozone : l’Union se fait, irréversiblement. La BCE se saisit des banques, l’intérêt commun s’introduit dans les choix économiques nationaux. La politique peine à suivre. Le dossier multimédia réalisé par les étudiants du CUEJ.

Quelles traces peuvent laisser, 10 ans après l'horreur, le traumatisme de trois meurtres, dont deux enfants, accompagnés de mutilations sauvages ? Quelles sont les conséquences du naufrage judiciaire qui a conduit à accuser sans preuves, puis à innocenter dans le doute, les membres d'une famille de marginaux yéniches ? C'est pour répondre à ces questions que les étudiants du CUEJ ont, après avoir reconstitué l'affaire, retrouvé et interviewé les différents protagonistes. Une enquête qui a réveillé des souffrances, mais aussi libéré la parole.

La région a très tôt plébiscité le parti nationaliste. Un vote qui atteint son apogée en 2002, quand Jean-Marie Le Pen recueille 23,44 % des voix.

Dès les élections européennes de 1984, date à laquelle le FN sort de la marginalité, l'Alsace lui attribue des scores supérieurs à la moyenne nationale à chaque élection. C'est particulièrement le cas lors des présidentielles, où le vote frontiste alsacien se situe 7 à 10 points au-dessus du score national dès 1988, alors que Jean-Marie Le Pen ne perce en France qu'à partir de 1995. En 1984, le Front national obtient 12,5% en Alsace. Ce sont surtout les territoires urbains d'électorat de gauche et ouvriers qui lui attribuent leurs suffrages, ainsi que les quartiers ouvriers de Strasbourg et Mulhouse. L'Alsace se partage alors entre les zones urbaines et industrielles, tentées par le FN, et le monde rural et peu industrialisé, fidèle au centre droit.

Les succès des années 90 
Les législatives de 1986 confirment la percée du FN en Alsace (13,6%). Le vote frontiste s'étend de la ville vers la campagne pour devenir un vote rural dès 1988, s'installant durablement dans les trois cantons d'Alsace Bossue. Lors de la présidentielle de 1995, Bas-Rhin et Haut-Rhin offrent au candidat d'extrême droite ses meilleurs scores départementaux (autour des 25% des suffrages exprimés), contre 15 % au niveau national. En 1997, les élections législatives marquent un véritable ancrage du FN dans le paysage politique alsacien. Sur les seize circonscriptions, onze candidats frontistes se maintiennent au second tour. Quatre ans plus tôt, ils n'étaient que quatre. A l'issue de ces deux élections, aucun d'entre eux n'entre au palais Bourbon. 

Cinq élus au conseil régional
Le vote FN culmine en Alsace lors de la présidentielle de 2002. La région place Jean-Marie Le Pen en tête au premier tour avec 23,44% des suffrages. L'extrême droite récolte aussi les 4,34% de Bruno Mégret qui avait quitté le parti en 1998 pour fonder le MNR. Au second tour, le leader frontiste ne parvient pas à fédérer : le compteur affiche 7 000 électeurs de moins que deux semaines auparavant. Cinq ans plus tard, il n'obtient que 13,56%, perdant près de 60 000 voix. Des suffrages largement reconquis par sa fille en 2012. 2010 marque un nouveau succès pour le FN. La liste menée par Patrick Binder se qualifie pour le second tour des élections régionales avec 13,49%. Près de 90 000 électeurs (14,57% des suffrages exprimés) envoient cinq élus FN au conseil régional.

 

Au niveau national, le vote frontiste apparaît comme un phénomène périurbain. Cette dissociation centre-périphérie s’opère également à l’échelle régionale. Les grandes villes, et notamment la capitale alsacienne, exercent une influence sur leurs périphéries. Plus on s’éloigne de la ville, plus les scores sont élevés. On observe ainsi plusieurs couronnes autour de Strasbourg. La première s’étend du nord de Strasbourg (canton de Brumath) au sud (canton de Geispolsheim) et englobe le Kochersberg (à l'ouest). Plus importants qu’en ville, les scores du FN restent malgré tout inférieurs à la moyenne régionale. Dans la deuxième couronne, de Haguenau à Erstein, les scores y sont supérieurs. La troisième, de Bischwiller au nord à Marckolsheim au sud, donne 25 à 30% des suffrages à la candidate frontiste. Enfin l’Alsace Bossue, où le FN fait ses meilleurs scores régionaux (supérieurs à 30%, avec 44,66% à Bissert).

Un vote ancré dans les territoires

Le vote frontiste est donc fortement attaché à des territoires. Il est plus faible que la moyenne régionale dans certaines villes frontalières avec le Palatinat (Wissembourg et Lauterbourg, avec respectivement 19,43% et 16,16%) et la Suisse (la ville de Lucelle ne donne aucune voix à Marine Le Pen) tournées vers l’extérieur, et dans les grandes agglomérations. Le FN enregistre ses résultats les plus importants dans les secteurs ruraux-ouvriers (en Alsace Bossue et dans le massif des Vosges) et les vallées (dans le territoire du Sundgau, avec le pic régional à Magny avec 46,15% des voix), profondément marqués par la désindustrialisation. Dans ces régions, l'implantation frontiste est loin d’être un phénomène récent.

Loïc Bécart et Renaud Toussaint

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