Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

La Commission appelée à légiférer sur le droit des travailleurs dans la chaîne de sous-traitance 

Des centaines de travailleurs se sont réunis devant le Parlement européen à l’appel des trois fédérations syndicales européennes pour réclamer une législation plus protectrice des droits des travailleurs. Le rapport d’initiative porté par l'eurodéputé socio-démocrate Johan Danielsson, vise à inciter la Commission à proposer une législation pour limiter la sous-traitance, réglementer l'intermédiation du travail et garantir l'égalité de traitement sur le marché du travail de l'UE. "Les chaînes de sous traitance complexes rendent l’exploitation des travailleurs plus facile", a déclaré le rapporteur du texte. Une position partagée par la gauche de l’hémicycle, quand la droite estime qu’il vaut mieux "ne pas légiférer plus pour ne pas compliquer davantage le travail des entreprises". Le texte a été adopté ce jeudi à une courte majorité (322 pour, 209 contre, 33 abstentions).

Gaby Fabresse

Cette semaine à Strasbourg, l’inquiétude géopolitique n’était plus feutrée : elle s’est exprimée frontalement. Les prises de position de Donald Trump sur l’OTAN, son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine, ses signaux parfois ambigus envers Moscou et ses allusions répétées à un possible désengagement international ont fait réagir le Parlement. “Trump veut détruire l’UE, l’OTAN et l’ONU. Qu’est-ce qu’il doit faire de plus pour qu’on comprenne qu’il est une menace à notre sécurité ?”, a lancé Jaume Asens Llodrà (Les Verts, écologistes), résumant la nervosité d’une partie des députés. Même tonalité, plus mesurée chez Pascual de la Parte (PPE, droite), qui confie dans un entretien que “les incertitudes causées par les États-Unis sont le plus grand défi pour l’UE.” Au-delà des formules, un constat s’impose : l’imprévisibilité américaine est devenue un facteur stratégique à part entière, obligeant l’Europe à concrétiser sa mue sécuritaire.

Les députés estiment que sans budget, la Commission ne parviendra pas à atteindre les objectifs fixés. © Anaïs Coste et Lilou Marjolet

Le Parlement européen alerte sur de possibles crimes de guerre dans le nord-est syrien

Les parlementaires européens ont condamné les violences contre des civils dans le nord-est de la Syrie, sur le territoire kurde du Rojava. Le 30 janvier, un accord a été conclu entre l’État syrien et les Kurdes. Depuis, l’ONU a alerté sur des exactions commises par l’armée syrienne. Les parlementaires européens sont allés plus loin en évoquant de possibles crimes de guerre. Ils exhortent l’État syrien à respecter les droits des minorités, pointent la responsabilité de la Turquie et des Etats-Unis dans la situation actuelle et s’inquiètent d’un retour de l’État Islamique. "Aujourd’hui, les forces qui ont vaincu l’EI risquent d’être démantelées. Ce n’est pas juste une faute morale, mais un risque inconsidéré", a jugé Daniel Attard (S&D, gauche).

Juliette Subra de Bieusses 

À Strasbourg, les déclarations de Donald Trump ont ravivé les doutes sur la fiabilité américaine. Face à cette incertitude, l’Union européenne se voit contrainte de concrétiser son virage stratégique.

Du côté des entreprises, le flou persiste. Membre du think tank Confrontations Europe, Brieuc Hallouët explique que : "Le fait de revenir sur des règlements et des directives qui ont été adoptées récemment pose un problème de visibilité. En effet, une entreprise qui doit s'adapter à ce nouveau cadre réglementaire, a déjà investi pour répondre aux normes passées". Ainsi, l’objectif du sommet informel qui se tient ce jeudi en Belgique sera d’apporter aux entreprises la visibilité nécessaire afin de dissiper ce flou normatif et de clarifier le cadre réglementaire.

Pour la gauche, les Omnibus ne sont pas synonyme d’avancées : "Ce que vous proposez ce sont des coupes, de la dérégulation. Vous parlez d’Omnibus, ça a l’air innocent, mais en réalité on recule sur l'environnement, la protection des données et des travailleurs" critique Martin Schirdewan le co-président de The Left (extrême gauche). Les Verts (écologistes) partagent cette position, comme l’a déclaré Bas Eickhout. "La dérégulation joue justement le jeu de Trump, c’est une menace à l’unité de l’Europe, la divisant, un omnibus après l’autre." Pour les Sociaux-Démocrates (gauche) : "Déréguler à tous crins avec ces paquets omnibus… La compétitivité ce n’est pas le moins disant, il faut faire mieux, miser sur la cohésion sociale, les personnes, l’innovation." 

Le groupe du Parti populaire européen (droite), veut des résultats concrets en matière de compétitivité et Manfred Weber (président du PPE) a annoncé en conférence de presse que la simplification doit rester un point fort pour l’année 2026. Présidente du groupe Renew (centre-droit), Valérie Hayer se félicite de cette avancée. "Nous avons toujours soutenu la simplification" mais, elle avertit : "cela ne peut pas être l’alpha et l'oméga de la compétitivité ". Toutefois, entre "simplification" et "dérégulation" , les groupes s’écharpent. 

Un hémicycle fracturé 

Les débats ont repris à propos du devoir de vigilance des entreprises. Au lieu d’étendre les obligations de prévention des risques sociaux et environnementaux à toute la chaîne de valeur, l’Omnibus réduit les entreprises concernées, retarde l’application et atténue les sanctions. Dans les deux cas, l’adoption s’est faite au terme de négociations tendues au Parlement européen, révélant des clivages profonds entre groupes politiques sur l’équilibre entre compétitivité et exigences sociales et environnementales. Ces divisions ne se sont pas résorbées et se manifestent encore aujourd’hui. 

Pages