Au chemin Haut, trois enseignes de loisirs privés ont pris quartier dans d’anciens entrepôts loués à la SNCF. L’Urban Soccer, le Crossfit et le Stride-Park visent une clientèle large, quitte à négliger la population locale.
Dans ce flou économique, la Ville, par la voix de son adjoint aux sports, Serge Oehler, se dit “intéressée par le rachat des locaux”. Mais pas dans l’immédiat : “Le pacte budgétaire entre les collectivités locales et l’État bloque l’investissement dans les loisirs.” Dans l’attente d’une éventuelle initiative de la Ville, Laurent Wintermantel cite la “mise en relation avec les scolaires” de plusieurs quartiers comme unique passerelle avec la municipalité. Aucune des trois structures implantées au chemin Haut ne bénéficie de subventions de la Ville. Seul le Stride-Park, lors de son installation, a touché une enveloppe de 150 000 euros du Conseil régional au titre de l’innovation touristique et de l’emploi.
Attirer les moins aisés, dont les jeunes de la Cité nucléaire, n’est pas la priorité des entreprises de loisirs. “30 à 40% de notre clientèle est allemande”, explique Laurent Wintermantel, directeur général du Stride-Park. Le gérant note aussi que “de plus en plus de personnes n’hésitent pas à venir d’autres régions en France”. Les locataires des lieux sont également confrontés à des impératifs financiers qui expliquent en partie les prix élevés. “Beaucoup de gens s’imaginent qu’on roule sur l’or mais on n’est pas encore à l’équilibre. La location des locaux auprès de la SNCF plombe notre résultat d’exploitation, c’est notre plus gros poste de dépenses”, détaille Laurent Wintermantel.
Entre rentabilité et insécurité
La mésaventure de l’Académie européenne des arts martiaux, auparavant installée au croisement du chemin Haut et de la route de Hochfelden dans des locaux loués également par la SNCF, montre la difficulté à joindre les deux bouts. Placée en redressement judiciaire en mai dernier pour cessation de paiement, elle a dû plier bagage pour s’installer ailleurs. Sans céder à l’inquiétude, les entreprises basées dans l’ancienne gare de marchandises s’interrogent aussi sur leur avenir. “On ne sait pas combien de temps on va rester là, confie Yoann Kemlin. Notre sécurité, c’est un contrat de neuf ans.” Au-delà de 2023, date de l’échéance du bail, rien n’est vraiment clair pour les trois sociétés, du moins sur cet emplacement.