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Quand l'économie prend l'eau

Des piscines remplies d’eau et spas dans des hôtels de luxe. Des camions-citernes qui livrent la ressource tant désirée aux quatre coins des rues. Et des puits pas toujours dans les clous pour irriguer les cultures. Malgré le stress hydrique extrême auquel la Jordanie fait face, une part importante de l’économie du pays repose sur l’eau.  

De la mer Morte à Azraq, en passant par Amman, découvrez comment le marché de l’eau profite à certains et complique la vie des autres.

Zeina ANAN, Thomas BONNET, Alaa BUSCHNAQ  et Fanny GELB

Des touristes différents

Une situation qui fait le bonheur des rares visiteurs. À l’heure du déjeuner, des Français, sac remplis de mets typiques, assument leur opportunisme. Ils ont pris leurs billets d’avions pour la Jordanie estimant qu'« avec la guerre, peu de touristes s’y trouveraient ». Les voyageurs ont fait le tour des sites les plus touristiques de Jordanie avant de finir leur séjour à Aqaba. Le manque de touristes « s’est renforcé depuis le début du conflit, donc on se concentre plus sur le marché local », selon Fares Aljouni, directeur du tourisme de l’Aseza. Des événements et des réductions sont mis en place dans les hôtels, les restaurants et les transports pour attirer les Jordaniens et les touristes d’autres pays arabes. Tenter de vivre grâce aux visiteurs nationaux reste une « alternative mais qui n’est pas suffisante sur le long terme pour faire vivre l’économie touristique d’Aqaba », avance-t-il.

Plus de 250 entreprises commercialisent de l'eau en bouteille en Jordanie. More Bottle Water est l'une d'entre elles.

© Thomas Bonnet

Plus de 300 camions-citernes livrent les habitants d'Amman en eau.

© Thierry Weber

Les choux-fleurs d'Hakim n'ont pas assez d'eau pour pousser normalement, c'est toute une récolte de perdu.

© Thierry Weber 

En plein désert, Mahmoud fait pousser des tomates et des concombres - Sahara Forest Project.

© Thierry Weber 

Cet engagement identitaire met aussi parfois le feu aux poudres. Le 15 août 2023, Al-Wehdat devait disputer une rencontre aux Émirats arabes unis contre un club de Dubaï. Un match de début de saison que les supporters de Al-Wehdat avaient appelé à boycotter. En cause, la présence dans les rangs adverses de Mounas Dabbour, joueur vedette d’origine palestinienne qui porte le maillot de la sélection nationale israélienne. Une pression populaire que le Group Wehdat a justifié par son refus d’acter une normalisation des rapports avec l’État hébreu.

Des innovations sont intégrées dans le paysage pour surveiller le niveau d'eau. © Zoé Dert-Chopin

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