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S’il est déjà proposé dans certains pays, ce service est souvent payant. Par exemple, un transfert d’argent instantané peut coûter jusqu’à 70 euros en Italie. Désormais, les consommateurs ne seront plus surtaxés par les banques. L’UE cherche à promouvoir une pratique déjà commune dans des pays émergents comme l’Inde. Elle souhaite également affirmer sa souveraineté financière en s'autonomisant des applications tierces souvent américaines, comme Paypal ou Apple Pay.
Un moyen de paiement de la vie quotidienne
À terme, les usagers pourront même payer directement les commerçants avec leur application bancaire sur leur téléphone. Les associations de consommateurs, ainsi que les petites et moyennes entreprises, accueillent avec enthousiasme cette nouvelle mesure.
« Tous les Européens pourront virer de l’argent à n’importe quel moment de la journée, même en dehors des heures ouvrées, en quelques secondes », s'enthousiasme l’eurodéputé Michiel Hoogeveen (ECR, conservateur), rapporteur du règlement sur les paiements instantanés en euros. Ce mercredi 7 février, les eurodéputés se sont entendus à une écrasante majorité (599 voix pour, 7 contre et 35 abstentions) pour la généralisation du virement immédiat, d’abord dans la zone euro puis, à terme, dans les 27 pays de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, ils ne représentent que 11% des transferts d’argent en Europe. L’UE entend favoriser leur développement en garantissant des services sécurisés. Les consommateurs auront la possibilité de virer de l’argent à un bénéficiaire certifié en moins de dix secondes.
Addict aux drogues, Mickaël D a frôlé la mort deux jours avant de se présenter aux comparutions immédiates. Durant son audition, la cour a tenté de lui faire prendre conscience de sa chance d’être encore en vie.
Pris de spasmes irréguliers, couché sur le bas-côté d’une voiture, le regard vide et les pupilles dilatées. C'est la description d’un homme que reçoit la police appelée dans la nuit du 5 au 6 février. Il s’appelle Mickaël D, âgé de 30 ans, il a perdu son emploi de charpentier couvreur en décembre. Un poste qu’il occupait depuis cinq ans. Sur place, les policiers le retrouvent inconscient. Dans la voiture garée à côté de lui sont découverts une matraque, un sachet de poudre blanche et un flacon rempli d’un liquide bleu, de la cocaïne et du GBL, une drogue aux effets proches du GHB.
Deux jours plus tard, Mickaël D se tient debout dans la cage de verre de la salle des comparutions du tribunal judiciaire de Strasbourg. Vêtu d’un sweat jaune vif, il est de taille moyenne et a des yeux tristes. Son visage rougeaud et suant trahit un air abasourdi. Pourtant, être convoqué en comparution immédiate n’est pas une première pour lui. « Vous sont reprochés un transport non autorisé de stupéfiants en récidive et un usage illicite de stupéfiants en récidive. [...] Nous avons ici un grand consommateur de drogues de synthèse », entame le président Bertrand Gautier, avant de s’adresser au prévenu.
_« Depuis combien de temps consommez-vous de la drogue, monsieur ? »
_« Ça fait deux ans que j’en consomme régulièrement, avant, c’était récréatif », souffle-t-il.
Le président tente de l’alerter sur le virage dangereux de sa consommation quotidienne. « Ce soir-là, vous avez été ramassé. Mais vous savez ce qu'il se passe quand il y a personne pour appeler les secours ? » Le prévenu se contente d’un « non », le ton sonne sincère.
« C’est l’arrêt cardiovasculaire [...] Quand on a trois grammes par jour, on ne survit pas très longtemps », réprimande le président, le regard sévère. Mickaël D, confus, reconnaît être « de plus en plus addict et avoir failli mourir », la voix serrée.
« Une descente aux enfers »
Le temps est aux réquisitions. « Kétamine, amphétamine, cocaïne, GBL, le catalogue est complet », énumère le procureur. Le magistrat rappelle ensuite sa première interpellation pour ce même motif, le 18 janvier 2023. « C’est la deuxième fois et ça finit à l'hôpital. C’est quoi la prochaine étape ? Le cimetière ? » Pour lui, la condamnation doit être de six mois d’emprisonnement avec obligation de soin.
La défense partage le même constat. « On a un ancrage dans le stupéfiant [...] On est dans une véritable descente aux enfers ». L’avocate accuse le « risque d'emprisonnement » mais insiste auprès de la cour : « Il faut une prise en charge ». Si la décision n’est pas encore prise, la demi-heure de blâmes à son égard semble jouer sur le cheminement de sa prise de conscience. « J’ai plus du tout envie d’en prendre, je veux aller au centre de soin pour toxicos à Haguenau », déclare en fin de séance Mickaël. La décision tombe, ce sera six mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt ainsi qu’une interdiction de détenir une arme pendant 2 ans. « Faites vous soigner et ne revenez plus ici », avertit le président.
Océane Caillat
Édité par Eva Pontecaille
À la fin de l’année, les Européens pourront virer de l'argent en quelques secondes et sans frais supplémentaires dans la zone euro.
« Un signal désastreux », « une véritable gifle pour le secteur du logement », « c’est très très inquiétant ». Les réactions d’associations d’aide au logement fusent depuis la nomination, jeudi 8 février, de Guillaume Kasbarian en tant que ministre délégué au Logement. Succédant à Patrice Vergriete, le député Renaissance d’Eure-et-Loir, engagé en politique depuis 2016, s’est notamment fait connaître avec la loi rebaptisée « loi anti-squat », adoptée en juillet 2023.
Ce texte, visant à mieux réprimer le squat des logements, a été vivement critiquée. Pour la gauche et de nombreux acteurs de lutte contre le mal-logement, cette loi est une façon de « criminaliser la pauvreté », car elle augmente les sanctions envers les squatteurs et elle « accélère les procédures d’expulsion de locataires se maintenant dans le logement après un jugement d’expulsion », selon Jean-Baptiste Eyraud, président de l’association historique du Droit au logement (DAL) contacté par Cuej.info.
Ce dernier ne décolère pas : « Guillaume Kasbarian a un côté brutal, qui s’est exprimé dans sa loi. Elle envoie notamment en prison des sans-abri qui squattent un logement vide, pas un logement occupé ou une résidence secondaire ! Tout ça dans un contexte où on a jamais eu autant de sans-abri, ni autant de logements vacants. Il y a une contradiction énorme. »
4,16 millions de Français subissent le mal-logement
Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé-Pierre alerte sur une politique du logement basée sur la rigueur budgétaire, tandis que près de 4,16 millions de personnes en France subissent le mal-logement et que 330 000 personnes n’ont pas de domicile fixe.
Christophe Robert, délégué général de cette fondation, a confié à l’AFP « espérer qu’il sera plus attentif aux souffrances des mal-logés et aux difficultés que connaissent nos concitoyens en matière de mal-logement qu’il ne l’a été au moment où il a porté une loi qui a fait beaucoup de dégâts ». Pour le président de la Confédération nationale du logement, Eddie Jacquemart, invité sur France Info ce 8 février, « c’est un ministre qui a passé une loi qui confond les mal-logés et les squatteurs ».
Une crainte de durcissement de la loi
Sa proximité avec le monde de la « grande finance » interroge par ailleurs le directeur du DAL. Et notamment son poste de conseiller en stratégie financière dans un groupe de conseil financier, Monitor Deloitte : « Pour nous, M. Kasbarian représente ce milieu-là. »
« Entre la crise immobilière et la crise du logement, avec cette nomination, le gouvernement a fait le choix de soutenir les milieux immobiliers qui n’ont jamais gagné autant d’argent ces vingt dernières années, critique-t-il. Alors que plus de 2,6 millions de personnes sont en attente d’un logement social. »
Le contexte politique, et notamment ses alliances avec Les Républicains ou l’extrême droite qui lui ont permis de voter la loi anti-squat, fait aussi craindre un durcissement des prochaines propositions de loi sur le logement, qui ne seront pas du « côté des locataires et des mal-logés mais du côté de la rente locative », selon Jean-Baptiste Eyraud.
En réaction à cette nomination, ce dernier appelle tous les « locataires, les mal-logés, les sans-abri et tous ceux qui les défendent » à s’unir et à descendre dans la rue après la fin de la trêve hivernale, synonyme de retour des expulsions. Un simple souhait pour « un moment symbolique ».
Alexia Lamblé
Édité par Milan Derrien