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Dans le quartier de la Petite-France, plusieurs familles embarquent sur des canots ce dimanche matin. Certaines ont embauché un rameur, d’autres profiteront de cette sortie pour faire un peu d’exercice. Toutes veulent fuir, le temps d’une journée ou deux, les rues étroites et malodorantes du centre-ville1. Une destination les attire particulièrement : le faubourg de la Montagne-Verte. En cette année 1861, Strasbourg est française, et le glacis n’est encore que peu peuplé – environ 600 habitants2 contre plus de 12 000 aujourd’hui.
été transférés à Sarre-Union", retrace Isra. La famille y est restée pendant onze mois jusqu’à l’échec de la demande d’asile qui l’a contrainte à partir. Arrivés à Strasbourg en juillet en bus, Isra et ses proches ont fini par arriver au parc Eugène-Imbs. "À Krimmeri (un campement de migrants à la Meinau), il y avait trop de tentes. Donc on a cherché ailleurs", raconte la jeune fille.
Emilien Martin
Né dans le quartier, le groupe Pro-Inter s’est étendu à toute l’Alsace. Dans son fief historique, l’enseigne spécialisée en produits orientaux continue d’étendre son réseau commercial.
Le supermarché Auchan de la Montagne-Verte ferme ses portes le 30 novembre. Au grand dam des habitants, qui voient un pan de leur quartier s’envoler.
Un lieu d’insertion sociale
En plus des 50 bénévoles au Emmaüs de la Montagne-Verte, le site fonctionne principalement grâce aux compagnons qui y vivent. "On en accueille 55, qui sont nourris et logés sur place", déclare Dominique Freund, le directeur. Un statut particulier qui permet aux personnes en rupture avec la société de retrouver un lien social. Les compagnons viennent d’eux-mêmes, personne ne va les chercher dans la rue, insiste le directeur. Un lieu d’accueil unique et particulier : "Emmaüs est là pour répondre à une grande précarité. Les gens qui viennent n’ont plus confiance dans les institutions."
Mais intégrer la communauté exige aussi une contrepartie. "Les compagnons peuvent rester autant de temps qu’ils le souhaitent, du moment qu’ils respectent nos règles communautaires. Sinon, ils doivent partir", ajoute Dominique Freund. En échange de cet accueil, les compagnons doivent accorder 40 heures de travail (vente, recyclage et entretien des jardins) au sein de la communauté pour subvenir aux besoins. Emmaüs ne touche pas de subventions et vit seulement des revenus de la vente d’objets.