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"La sécurité ne se limite pas aux menaces extérieures. Les cybermenaces et les menaces hybrides s'amplifient", a alerté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours d'investiture du 18 juillet 2024. Ces dernières années, les opérations qui déstabilisent la société, comme les cyberattaques, ont explosé dans les démocraties et notamment dans l’UE.
La France en a d'ailleurs fait les frais durant sa campagne présidentielle de 2017. Quelques jours avant le second tour du scrutin, les messageries électroniques de personnalités d'En Marche ! sont piratées. Résultat : plus de 70 000 documents et e-mails internes au parti sont rendus publics sur le web et les réseaux sociaux. Nommée "Macron Leaks", l'affaire a fait grand bruit, les pirates ayant mélangé des documents authentiques avec des falsifiés, dans le but de brouiller la frontière entre vérité et mensonge. Presque deux ans plus tard, Le Monde révélera que cette tentative d'intrusion dans la politique française avait été menée par des groupes de pirates, proches du renseignement militaire russe.
Même si elle n'est pas la seule, la Russie demeure un acteur majeur en termes de menace cyber. Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne en 2022, plusieurs pays européens connaissent une augmentation des cyberattaques venant d'organisations russes. En Estonie, on observe que le nombre d'attaques de déni de service – qui consistent à multiplier les connexions sur un système pour le paralyser – a augmenté de 60 % entre 2022 et 2023. "Nous avons assisté à une intensification des piratages à motivation politique, liés aux tensions géopolitiques et aux conflits en cours. Par exemple, notre soutien à l'Ukraine a fait de nous une cible pour les hacktivistes du Kremlin, analyse Gert Auväärt, directeur général adjoint de l'Autorité estonienne du système d'information (RIA). On découvre en permanence de nouvelles vulnérabilités et les outils techniques pour les détecter et les exploiter s'améliorent."
Une cyberdéfense européenne, mission impossible ?
Pour détecter les menaces, l'UE s'appuie sur son agence pour la cybersécurité, l'Enisa. Mais cette dernière ne possède qu'un pouvoir de conseil. Et si certains acteurs, comme Ursula von der Leyen, plaident pour une cyberdéfense européenne, une coopération entre États sur le sujet semble bien lointaine. En cause : la proximité entre cybersécurité et renseignement, qui provoque une réticence des pays à transférer la gestion de leur défense et à partager leurs informations avec leurs voisins.
Faute de pouvoir disposer d’une cyberarmée européenne, l'UE mise alors sur la coordination des capacités nationales des pays. C'est d'ailleurs l'un des objectifs du règlement européen sur la "cyber solidarité" adopté le 2 décembre 2024 par les gouvernements des Vingt-Sept. Il s'agit de créer un "système d'alerte de sécurité" afin de mieux préparer les secteurs stratégiques comme la finance, l'énergie et la santé, aux potentielles attaques. Il est également prévu de mettre en place une liste d'experts en cybersécurité prêts à intervenir à la demande d'un État membre, ou d'institutions de l'UE pour "contenir le feu" d’une cyberattaque. Ces mesures visent à remédier aux inégalités de capacités de réponse aux piratages entre les divers pays.
Trump divise l'UE : quels leviers au secours de la CPI ?
“Trump vient d’attaquer, peut-être même d’en finir avec la Cour pénale internationale. Et que fait l’Europe ? Elle déplore, elle regrette, elle condamne mais ce ne sont que des paroles”, déclare Mounir Satouri, eurodéputé (Les Verts, gauche). Donald Trump a signé un décret le 6 février sanctionnant la CPI et les employés responsables des “transgressions” qu’elle commet. La Haye avait lancé un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ce qui a déplu à Trump.
La CPI a été créée par le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002. C’est un tribunal international permanent qui a été fondé pour juger les personnes accusées d’avoir commis des crimes qui touchent l’ensemble de la communauté internationale. Face aux attaques étasuniennes contre la CPI, le Parlement européen est divisé. Pendant que la gauche exige l’activation de leviers diplomatiques et économiques contre la Maison blanche, les partis les plus à droite remettent la Cour en question, surtout pour les mandats d’arrêt contre les responsables israéliens.
“Il est incroyable de voir que certains États membres se félicitent des mesures de Trump”, s’exclame Raquel García Hermida-van der Walle, eurodéputée Renew (centriste), qui partage avec la Commission européenne la peur d’un effet domino d’impunité internationale. Pour Rima Hassan (La Gauche, extrême gauche), “soit on défend coûte que coûte le droit international, soit on participe directement à sa destruction. Soit on reste aligné avec ce qu’on prétend défendre, soit on apparaît aux yeux du monde comme hypocrites”.
Stéphanie Ghacibeh
Arthur Besnard et Mahault de Fontainieu
Pour leur part, les députés des extrêmes droites (ECR, PfE, ENS) ne se sont pas prononcés favorablement sur la question. “Il y a une solution, et elle passe par une administration internationale des territoires palestiniens, parce que les Palestiniens ne peuvent pas le faire eux-même”, affirme António Tânger Corrêa (PfE, extrême-droite). Rima Hassan, députée franco-palestinienne (The Left, Gauche radicale), conteste “un discours de propagande qui consiste simplement à dire qu’il n’y a pas de colonisation, pas d’occupation, pas de génocide, pas de régime d’apartheid et que les reponsables sont les victimes.”
Tom Soriano
Cette prise de position était importante pour les eurodéputés après que Donald Trump ait présenté son souhait de “prendre le contrôle de la bande de Gaza” et de déplacer la population palestinienne vers les pays aux alentours. Des pratiques pourtant qualifiable de crime de guerre, selon Human Rights Watch.
Le 19 janvier dernier, après quinze mois de guerre et de drames humanitaires, un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur entre Israël et le Hamas. À l'occasion d'un débat sur la stratégie de l’Union européenne pour le Proche-Orient, l’avenir de l’enclave palestinienne a été largement évoqué. “Nous devons mettre un terme à tous les obstacles qui entravent [la mise en place] d’une solution à deux États” assurait David Mcallister (PPE - Droite). La création d’un État palestinien séparé d’Israël par les frontières de 1967 pourrait, selon la majorité des groupes parlementaires, maintenir la paix dans la région. Une idée que partage la commissaire pour la Méditerranée Dubravka Šuica.