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Depuis deux ans, l'urbanisation du quartier explose. La ville de Strasbourg projette d'y construire 1000 nouveaux logements d'ici à 2014. Une course effrénée à la recherche de nouveaux terrains, comme celui du 65 route des Chasseurs. Cette densification urbaine, dans ce quartier encore préservé, inquiète les habitants.
A l'angle de la route des Chasseurs et du quai des Joncs, la Bleich trône au milieu de maisons alignées et clôturées. L'imposante bâtisse est, elle, ouverte sur la rue, et quelques poules s'échappent sur le macadam. Pour un loyer de 430 euros pour un trois pièces, huit personnes se partagent cette demeure de six appartements et son vaste jardin. Par passion, Pierre Villemin y élève des poules, oies et canards. Arrivé il y a quatre ans grâce à Emi Hess, sa voisine de palier, il s'est fait une place au deuxième étage, juste au dessus de l'appartement que Patricia Christ occupe avec son fils. Aujourd'hui, ils forment une improbable communauté d'un autre temps. Repas en commun, solidarité, un équilibre bientôt menacé par la démolition de la maison et l'expulsion de ses habitants.
Propriétaire de ce terrain de 2 966 m2, estimé à 455 000 euros, la Ville de Strasbourg pourrait le céder à un promoteur, Procivis. Ce dernier confirme être en négociation avec la municipalité : "Rien n'est encore signé mais on aimerait bien savoir quand cela va se faire. On a organisé des réunions de quartier en juin et juillet". Mais les riverains affirment, eux, ne pas avoir été consultés. «Toute cette opération s'est faite avant que les habitants ne soient prévenus. Ce terrain avait une vocation socio-culturelle mais la mairie l'a reclassé pour construire des logements», regrette Huguette Schwartz, présidente de l'association des habitants du quartier des Chasseurs et des Joncs. Elle explique : «En août 2010, les habitants ont remarqué des géomètres aux abords de la maison. J'ai donc saisi la mairie. Le 3 septembre, ils m'ont répondu qu'ils faisaient des bornages en vue d'une possible session de la parcelle. J'ai donc demandé qu'on présente le futur projet immobilier au conseil de quartier».
En juin dernier, un premier projet du cabinet d'architecte Rey Lucquet est donc présenté au conseil de quartier. «Le projet est déjà bien avancé. Une dizaine de logements sont prévus dont 50% de logements sociaux. Mais depuis le début, la mairie n'est pas claire sur ce qu'elle veut faire, il y a une ambiguïté dans la sauvegarde ou non de la maison », explique Franck Leduc, conseiller de quartier à la Robertsau. «Mais rénover cette maison serait beaucoup trop onéreux pour un promoteur», avoue-t-il.
Les documents fournis lors de la consultation des promoteurs en novembre 2010 indiquent en effet qu'«une liberté est laissée de conserver ou démolir la maison existante (…) Dans l'optique d'une démolition, le promoteur devra assurer, en lien avec le bailleur partenaire, le relogement des familles occupantes». Le promoteur Procivis renvoie cependant à la décision de la Ville : "On a eu des échanges sur la maison et on étudie tous les scénarios. Mais c'est à la municipalité de trancher. C'est un choix politique." Selon le cabinet d'architectes Rey-Lucquet, la municipalité a acté sa démolition. «Le projet architectural n'est pas encore arrêté, nous étudions les conditions de relogement des habitants selon leurs besoins que nous devrons intégrer dans les plans définitifs », ajoute-t-il.
« Ils n'ont prévu que des appartements de 4 ou 5 pièces pour des grandes familles alors qu'il y a aussi une demande pour des une ou deux pièces», regrette Huguette Schwartz. Le cabinet Rey-Lucquet dit réfléchir au problème. Les habitants ont pourtant l'impression que cette urbanisation effrénée ne prend pas en compte le facteur humain. «Le projet est intéressant mais on oublie les gens qui vivent ici. Ils ne demandent rien à personne et sont très bien intégrés, malgré leur mode de vie un peu décalé», souligne Huguette Schwartz.
La Ville n'a pas souhaité s'exprimer sur ce sujet mais indique qu'une réunion est prévue avec les riverains en novembre.
Cette opération immobilière route des Chasseurs s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du 4e Programme local de l'habitat de la CUS. D'ici à 2014, la Ville souhaite construire 18 000 logements sur la CUS, dont 7150 à Strasbourg. Après le Neudorf et Cronenbourg-Hautepierre-Poteries, la Robertsau est le troisième quartier en terme de construction avec 1000 nouveaux logements.
Voir notre carte des projets immobiliers dans le cadre du Programme local d'habitat (PLH) de la ville de Strasbourg et de la Robertsau.
(Pour plus de confort, agrandissez la carte en cliquant ici)
: Les différents programmes immobiliers à Strasbourg d'ici 2014.
: Projets en construction à la Robertsau, fin prévue en 2014.
: Projets prévus pour 2015-2020 à la Robertsau.
: Projets prévus pour 2020-2025 à la Robertsau.
« Afin de mobiliser à court terme du foncier pour soutenir la production de logements de qualité (…), la [collectivité] a identifié dix terrains propriétés de la de la Ville ou de la CUS», indiquent les documents fournis lors de la consultation des promoteurs en novembre 2010. A la Robertsau, trois autres terrains ont aussi été choisis : le 311 route de la Wantzenau, de 1500 m2 estimé à 260 000 euros pour construire 8 logements, le 286 route de la Wantzenau, de 951 m2 pour 4 logements, estimé à 120 000 euros, et la rue de l'Anguille, sur 4395 m2 estimé à 575 000 euros pour 28 logements.
Fiches par terrain de la consultation de promoteurs pour les terrains à Strasbourg. Les quatre terrains concernant la Robertsau sont à retrouver pages 12 à 19.
Marion Kremp et Anna Benjamin

La vente d'automne de Caritas Neuhof permet à l'association de récolter environ 2000€.
« Il me faut des habits pour l'hiver », explique Yacine Belbachir accompagné de sa femme à l'entrée du foyer Saint-Ignace, ce matin. Caritas Neuhof, une association caritative chrétienne, y organisait sa traditionnelle brocante d'automne ce samedi 15 octobre. Elle est alimentée exclusivement par des dons. Vêtements, vaisselle, livres et petit électroménager attendaient les nécessiteux comme les chineurs.
« On trouve des produits de marque à des prix sacrifiés », commente Imène Sliman en examinant les sacs à main. Après avoir habité dans le quartier, elle vit désormais dans le centre de Strasbourg mais elle a gardé l'habitude de venir à la brocante de Caritas. « Je me fais plaisir en faisant une bonne action. »
Le foyer a ouvert ses portes dès 7h45. « On devait commencer à 8h30 mais il y avait du monde qui attendait devant l'entrée », détaille Marie-France Rapp, bénévole responsable de Caritas Neuhof. « C'est toujours le rush à l'ouverture. »
L'argent récolté lors de cette matinée constitue une part importante du budget de fonctionnement de l'association, composée uniquement de bénévoles. A la fin de la vente, vers 13h, de nombreux articles restent encore sur les étals. Une partie des vêtements non vendus rejoindra un conteneur de 25 m2, rempli depuis un an par l'équipe missionnaire des paroisses du Neuhof. Il doit partir le 28 octobre prochain pour Ouagadougou, la capitale du Burkina-Faso.
Thomas Richard
Samedi matin, Philippe Walter, secrétaire de section du Parti socialiste à la Robertsau, a tenté de mobiliser une dernière fois avant le second tour de la primaire citoyenne. Sur le marché de la place du Corps de Garde, le militant a distribué des tracts en l'honneur de sa candidate, Martine Aubry. Dans le froid et au coeur du seul quartier à avoir soutenu la droite lors des dernières municipales, l'engouement est resté limité.
Malgré tout, Philippe Walter reste optimiste quant à la participation de demain, même s'il ne se "fait pas d'illusion sur le résultat du scrutin". Une victoire de François Hollande ne le surprendrait pas. Lors du premier tour, ce dernier avait terminé en tête à la Robertsau avec 37 % des voix, devant Martine Aubry (31 %). La participation avait alors été plus forte qu'attendue: il avait même fallu réapprovisionner les deux bureaux de vote en enveloppes pour les 844 votants (entre 3,5 et 4% du corps électoral). La section robertsauvienne du PS compte une quarantaine d'adhérents, dont une vingtaine "présents aux réunions".
Renaud Février / Fabien Piégay
Depuis 17 ans, Roland Rieg est éducateur pour le Service de prévention spécialisée (SPS) de Cronenbourg. Trois soirs par semaine, il se promène à travers les îlots de tours de la Cité Nucléaire à la rencontre des jeunes du quartier.

Au milieu des tours de Cronenbourg, Roland Rieg est
devenu l'un des acteurs référents pour les jeunes du
quartier. (Photo Cuej - Marion Michel)
«Bonjour Roland», s'écrie une petite fille, plantée devant un passage-piétons un sachet de chips à la main. "Attends, on va traverser ensemble", lui répond dans un sourire Roland Rieg. Trois soirs par semaine, l'éducateur sort dans le quartier de Cronenbourg à la rencontre des jeunes. Il est 16h30, ce vendredi à la Cité Nucléaire, et Roland part de l'appartement du Service de pévention spécialisé (SPS) situé rue Gay-Lussac. Tout le long de son chemin, les «salut Roland», «comment ça va Roland?» ou «Ah Roland, il faut que je te vois!», fusent des groupes de garçons qui «tiennent les murs de la cité». En 17 ans, Roland a su se faire connaître et reconnaître.
Au milieu des hauts ensembles de la cité, l'homme à l'allure monacale se déplace d'un pas sûr mais jamais précipité. Comme pour laisser le temps aux jeunes de l'interpeller, pour discuter... ou pas. Alors qu'il traverse, les immeubles en arc de cercle de l'îlot Lavoisier, un homme crie depuis sa fenêtre: «Casse-toi Roland». L'éducateur ne répond pas à la provocation et trace son chemin. Un peu plus loin, un autre jeune lui lance: «T'as une sale barbe, Roland». Là encore, pas de réponse de l'éducateur, qui explique "avoir appris à vivre avec".
Roland Rieg s'aventure dans les îlots de tours sans crainte apparente. Ses années d'expérience lui ont fait apprivoiser la cité. Aujourd'hui, il connait les secteurs à risques où l'agression peut passer du verbal au physique. Et en 17 ans d'expérience, l'éducateur a déjà essuyé des coups.
Autre problème: la suspicion face à l'action des éducateurs. Les jeunes craignent une connivence entre ces acteurs sociaux et la police. Pour Roland Rieg, ils ne comprennent pas que quelqu'un soit payé pour être avec eux sans contrepartie. En 17 ans, les grandes réussites ont été rares mais marquantes. Roland Rieg en dénombre une dizaine, dont celle d'un garçon rencontré à l'âge de treize ans à l'occasion de sorties à vélo.
Il est 18h00 quand Roland Rieg termine son circuit. Ce soir-là, rien à signaler.
Claire Gandanger/Marion Michel
Au centre socioculturel Victor-Schoelcher, le restaurant d'insertion le Petit-Gourmand réunit dans ses cuisines une douzaine de nationalités, et autant d'inspirations culinaires pour les menus du mercredi.

Rouzana prépare les plateaux de légumes pour le repas des enfants. (Photo Cuej - Marion Michel)
10h45, mercredi 12 octobre. «Les filles, il est l'heure de charger, on va être en retard», lance Laurent François, le chef du Petit-Gourmand, à son équipe d'aides cuisinières. Comme tous les mercredis, la camionnette du restaurant d'insertion cronenbourgeois doit livrer quatre centres de loisirs de la région de Strasbourg. La livraison n'est qu'une des trois facettes de son activité: pendant que certains chargent, dans les cuisines on prépare les plats destinés aux enfants et ceux qui seront inscrits à la carte du restaurant du centre socio-culturel Victor-Schoelcher.
Chaque année, Laurent François forme dans ses cuisines une quarantaine de personnes, en majorité des femmes. Pendant 6 à 24 mois, elles sont 4 heures par jour derrière les fourneaux pour servir près de 200 repas quotidiens. En parallèle, elles bénéficient d'un suivi personnalisé. André Riegel, l'accompagnateur social de la structure, les aide à régler leurs difficultés familiales, financières et de logement. Il les guide pour trouver une formation. Depuis le début de l'année, parmi les douze personnes qui ont quitté le Petit-Gourmand, sept ont trouvé un emploi : «dont cinq sont en CDI», se réjouit René Mischler, le coordinateur de ce chantier d'insertion.
De nombreuses recrues sont des femmes récemment arrivées en France. La réforme du RSA exigeant désormais une durée minimale de résidence en métropole, beaucoup se sont retrouvées sans ressources : «Nous avons recruté des femmes avec enfants qui vivaient avec à peine 200 euros par mois», précise René Mischler. Les accents tchétchènes, russes, turcs, ou africains chantent dans les cuisines.
Le restaurant du centre socioculturel de Cronenbourg ne pourrait pas assurer sa mission d'insertion sans les subventions de la Ville de Strasbourg, du Département, de la Région, de l'Etat et du Fond social européen. Cependant, la dotation de ce dernier, qui couvrait 25 % du budget de fonctionnement, tend à diminuer. Selon René Mischler, «cela n'aura pas trop de conséquences parce que contrairement à d'autres structures nous avons nos ressources propres».
Dans la restauration collective la demande est forte, un atout pour ce chantier d'insertion qui produit plus de 40 000 repas par an. Les recettes tirées du service aux scolaires, aux personnes âgées, aux centres de loisirs et aux crèches, auxquels s'ajoutent les nombreux couverts du restaurant, permettent au Petit-Gourmand de couvrir 50 % de ses dépenses. Des revenus tirés également des animations ponctuelles. Cette semaine, dans le cadre de la semaine du goût, les papilles partiront au Maroc. Au menu de mercredi : couscous royal.
Claire Gandanger et Marion Michel
Après un sauvetage financier négocié dans l'urgence cet été, on croyait le club de foot du CS Neuhof sur la voie de la rémission. Problème : la nouvelle équipe dirigeante, présidée par Alain Ulm, découvre aujourd'hui des dettes supplémentaires qui mettent à nouveau le club en danger.
Jeudi 13 octobre 2011, 19h au club-house du stade Michel-Walter. La nouvelle direction du CS Neuhof, en place depuis septembre, s'est réunie en urgence pour parler d'argent, encore...
Michel Heuberger, à la trésorerie, annonce la nouvelle : une dette de 11 000€ contractée par le club auprès de la société France Boissons. Une très mauvaise surprise, apparemment laissée par le précédent comité.
Au plus fort de la crise, en août dernier, Alain Ulm et son équipe avaient négocié la survie du club en acceptant de reverser l'intégralité des subventions accordées par la municipalité (11 000€ au total) à la ligue d'Alsace de football. A l'époque, le président démissionnaire Ahmed Raouh avait déclaré une dette totale de 12 000 €. Mais aujourd'hui la nouvelle équipe ne peut que constater ses « erreurs » de calcul. En plus des 11 000€ réclamés par France Boissons, le club doit également régler une dette de 3 300€ auprès d'un équipementier. La facture s'élève donc à presque 30 000€ et impossible de savoir s'il reste encore beaucoup de dettes cachées comme celles-ci. Alain Ulm pointe du doigt la gestion opaque de son prédécesseur.
En guise de réponse, Ahmed Raouh accuse la municipalité de ne pas l'avoir soutenu, sans donner plus de détails. Il n'a pas répondu à nos appels.
Au moins trois ans pour revenir au niveau
Pourtant le CS Neuhof n'est pas prêt de se relever, même au niveau sportif. En plus des problèmes financiers, le club a subi une lourde perte d'effectifs, passant de 300 licenciés l'an dernier à environ 120 cette saison. Effrayée par la perspective de faillite, la quasi totalité des joueurs de l'Equipe 1 a déserté. Le club qui évoluait en Excellence a dû déclarer le forfait général. L'équipe des 17-19 ans est également décimée. «Reste l'équipe des 15 ans, prometteuse. Mais il faudra au moins deux à trois ans pour la former et assurer la relève», estime Alain Ulm. Pour Michel Heuberger, plus pessimiste, il est impossible d'envisager une progression au niveau sportif tant les difficultés financières pèsent sur le club.
Pour l'heure, Alain Ulm et son équipe veulent avant tout éviter la faillite. En cas de liquidation, le club se retrouverait au plus bas niveau de la compétition, en D3.
Anne-Claire Poirier
Ce numéro de News d'Ill, Yunnan, l'élan de l'extrême-Chine, a été réalisé en Chine au mois de mai 2011 par les étudiants du CUEJ. Vous pouvez lire le magazine en ligne ci-dessus, ou le télécharger en cliquant ici.
Depuis des années, le Vélo club de Cronenbourg enchaîne les titres de champion de France dans une discipline peu commune: le cycle-ball. Rencontre avec ses adeptes au gymnase Saint-Florent ce jeudi soir.
Si vous êtes intéressés par ce sport, vous pouvez joindre Fréderic Doell au 06.14.20.20.09.
Thibaut Gagnepain

Le bus de la démocratie locale peinait à attirer du monde jeudi, place d'Ostwald. (Crédit photo : Marjorie Lenhardt/CUEJ)
Après Neudorf, le bus de la Démocratie locale des équipes municipales a fait un arrêt ce jeudi matin, jour de marché, à la Montagne Verte, place d'Ostwald. La démarche : informer et faire participer les quelques habitants du quartier au projet du parc naturel urbain (PNU) qui concerne l'Elsau, la Montagne Verte et Koenigshoffen (télécharger le plan ici). A travers un jeu, des questionnaires et des panneaux, la chargée de mission du PNU, Alexandra Wilhelm, présentait le projet.
En 2008, le député Armand Jung sort des tiroirs un projet qui date de 1996 intitulé « plan vert ». Ce dernier prévoit la création de grands parcs naturels urbains le long de la Bruche et de l'Ill. La Ville a finalement resserré le plan sur la zone Ouest de Strasbourg. L'objectif du parc naturel urbain est de créer une articulation entre nature et ville, ce qu'explique le directeur de proximité du secteur, Rémy Berthier.
L'association PNU, créée en 2008, et l'organisme CAUE 67 (Conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement) déplorent que ce parc ne se concentre que sur trois quartiers. Théo Trautmann, le président du comité scientifique et technique de l'association PNU, estime que « la Ville met l'accent sur les loisirs au détriment des milieux naturels ».
Concernant la charte que la municipalité veut mettre en place pour ce PNU, Sébastien Koch, chargé de mission au CAUE, est sceptique : « Ce sera un document fumeux. Il ne faut pas rêver, la CUS ne va pas écrire des choses qu'elle ne voudra pas. » Le bus de concertation n'a pas attiré foule cette fois. Près d'une douzaine de questionnaires ont été remplis en une matinée. Pour Valentin Ossenbrunner, habitant de Lingolsheim, qui a été consulté, le PNU ne présente rien de vraiment nouveau.
Un budget de cinq millions d'euros devrait être alloué au PNU. La concertation avec les habitants doit se poursuivre. Prochaine étape pour le bus de la Démocratie locale : samedi matin 15 octobre, rue Watteau à l'Elsau.
Marjorie Lenhardt et Marine Daviller
A l'entrée de la rue de l'Aéropostale, 50 pavillons sortent de terre. C'est la première phase de l'opération de réaménagement des terrains du Polygone débutée en 2010. Elle prévoit de reloger les 150 ménages de gens du voyage sédentarisés au 45 de la rue depuis les années 60, où ils ne payaient pas de loyer.
En attendant la fin des constructions, les résidants de la première tranche sont relogés, depuis un an, dans un espace provisoire aménagé avec des mobil'homes. Scania y vit avec ses deux enfants et sa grand-mère. Maintenant que le gros œuvre est terminé, les interrogations se multiplient. Pour Scania et sa famille, les futures maisons ne sont pas bien conçues.
Plusieurs foyers assurent déjà qu'ils ne prendront pas les maisons. Il n'y a pas de contrat obligeant les familles à accepter le logement. « Mais à travers le recensement, 150 familles se sont engagées », explique Grégory Leloup chargé de communication à Domial, l'entreprise qui assure la maîtrise d'ouvrage du projet. « S'il y a des refus, c'est la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) qui étudiera les possibilités. »
Pour l'instant, il n'a connaissance d'aucun désistement. Une étude sociale a été menée il y a cinq ans par la CUS pour intégrer les habitudes de vie des gens du voyage dans la conception des habitats. « Par exemple, la pièce de séjour est très grande et les chambres ont toutes une porte qui donne sur l'extérieur », décrit Grégory Leloup. « Nous les avons questionnés pour répondre à leurs attentes. Normalement, il ne devrait pas y avoir de surprise. » Sur les 150 maisons, 26 parcelles sont prévues pour accueillir des caravanes. Ce chiffre correspond à ceux qui souhaitaient conserver la leur, lors de la réalisation du recensement.
Le premier logement doit être livré en juin 2012. Le terrain des mobil'homes accueillera les familles au fur et à mesure de la destruction des anciens campements jusqu'en 2018. Ensuite, il sera rendu à la CUS qui prête le terrain. Pour l'instant, aucun projet n'est prévu.
Marion Garreau et Thomas Richard