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Une exposition photo et vidéo sera inaugurée vendredi dans le bâtiment l'Escarpe de l'université de Strasbourg. Elle regroupe des portraits d'étudiants handicapés.

 

« Envisage-moi ». C'est le titre de cette exposition qui veut poser un regard nouveau sur le handicap et « révéler l'être par le visage. »

Dix-sept étudiants handicapés ont été photographiés par Eric Vazzoler, pour qui « le handicap est hors cadre et hors du champ possible de notre compréhension ». Cet artiste voulait « tutoyer la part commune de fragilité et d'imperfection » entre valides et handicapés, par des portraits grand format, et ainsi confronter les regards. Des miroirs au sol sont là pour renforcer cet effet.

L'objectif est de créer un face-à-face avec la différence. Le projet est d'ailleurs né de la rencontre entre des étudiants et la « mission handicap » du Service de la vie universitaire, soutenus par l'association de photographie La Chambre et le studio de design Maxwen. Tous ces acteurs souhaitaient « révéler les réalités du handicap sans tabou ni faux-semblants ».

Des ateliers photo ont également été organisés pour réfléchir à l'image de soi et au regard de l'autre, en amont de l'exposition.Toujours sur le thème du regard, un étudiant en sociologie expose son travail sur l'un des écrans vidéo de l'installation éphémère du bâtiment de l'Escarpe. Ce doctorant de 30 ans, Sahand Aleboyeh, a filmé le regard des autres en déambulant dans les rues strasbourgeoises dans son fauteuil roulant.

 

Vernissage : vendredi 8 mars à 17h.

L'exposition restera ouverte un mois à l'Escarpe, du 8 mars au 12 avril, dont le samedi 9 mars de 10h à 16h, à l'occasion de la journée portes ouvertes de l'université, en présence de la mission handicap.

Lieu : 11 rue du Maréchal Juin à Strasbourg

Horaires : du lundi au vendredi, de 7h30 à 19h

 

Clément Lacaton

LEGENDE

C'est une première en France: un ver parasitaire, le gongylonémose, a été découvert chez l'homme par des parasitologues strasbourgeois. Une curiosité scientifique sans danger.

Bernard Pesson, parasitologue à la retraite, a identifié le premier cas connu en France de gongylonémose, l'infection par un parasite  retrouvé habituellement chez l'animal. Photo David Métreau

Un Haut-Rhinois avait un ver sous sa peau : le gongylonéma. C'est le premier cas découvert chez l'homme en France. Cet agent d'entretien a eu peur quand il a senti le corps étranger sous sa lèvre inférieure. Il est aussitôt allé voir son médecin qui lui a fait des examens, mais n'a rien trouvé. Quelques semaines se sont ensuite écoulées.

Au mois de juillet, il a alors découvert un ver sous les muqueuses de sa lèvre inférieure. Le quadragénaire a pu extraire le parasite et a eu la présence d'esprit de le mettre dans un flacon avec de l'alcool. Le flacon a été emmené dans un laboratoire d'analyse à Rixhem, près de Mulhouse qui, ne connaissant pas le parasite, l'a transmis au laboratoire de parasitologie et de mycologie médicale de Strasbourg. Le ver laisse les biologistes perplexes.

C'est Bernard Pesson, pharmacien retraité du laboratoire de parasitologie et de mycologie médicale de Strasbourg qui identifie l'animal avec l'équipe de parasitologie : « Au mois de juin, j'ai lu une publication du center of desease control and prevention (CDC) d'Atlanta (Etats-Unis) sur un cas de gongylonémose. Quand on nous a présenté ce cas au mois d'août, ça a fait tilt». 

Bernard Pesson a eu la confirmation de Hubert Ferté, spécialiste des vers (plus particulièrement des nématodes) qui travaille à Reims sur les parasites des bovins. Le spécialiste en a ensuite fait une publication en février 2013.

Le gongylonéma est extrêmement rare chez l'être humain :  « Moins de 60 cas ont été recensés chez l'humain dans le monde depuis 1850 », explique le pharmacien retraité. Tandis que chez les animaux : « C'est un parasite qui est très présent chez les bovins, mais aussi chez les ours et les singes ».

Plusieurs explications sont possibles : il peut avoir ingéré par inadvertance un insecte portant la larve ou encore bu de l'eau dans laquelle l'insecte se serait trouvé.

Bernard Pesson tient à souligner qu'il n'y a aucun caractère épidémique : « Il s'agit juste d'une curiosité ». Et si le patient n'avait pas retiré le ver de sa lèvre ? «Le parasite serait mort au bout d'un moment », assure le parasitologue. « L'homme est un cul-de-sac pour beaucoup de parasites», conclut-il.

Les rares personnes concernées dans le monde disent toutes n'avoir aucun souvenir d'avoir ingéré un insecte.

Pour ce chercheur, le parasite est sans danger pour l'homme.

David Métreau

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