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Convoquée aux stages de l'équipe de France depuis 2012 mais non sélectionnée pour les JO-2016, celle qui égrène les gymnases depuis plus de 20 ans espère retrouver prochainement le maillot bleu, avec en ligne de mire les Jeux de Tokyo, dans trois ans. Pas question pour autant de faire ses valises pour un club lui offrant un temps de jeu à la hauteur de ses ambitions. « J'ai déjà envisagé de partir, concède la basketteuse. Mais avec les objectifs que je me fixe, je ne peux pas me permettre de rejoindre un club plus faible. Et puis j'adore mon boulot. Le basket est ma passion, mais je ne quitterai pas mon travail pour lui. »
Dans un sport où certaines joueuses occupent les parquets jusqu'à 50 ans, la secrétaire gestionnaire dans un laboratoire de mathématiques ne ménage pas ses efforts pour intégrer définitivement la rotation strasbourgeoise. Présente à tous les entraînements des deux équipes séniors, Jessica peut aussi s'enorgueillir d'un coefficient individuel de handicap relativement faible. En basket-fauteuil, chaque joueur se voit ainsi attribuer une classe comprise entre 1 et 5 – la dernière correspondant à un individu valide – selon son handicap. A tout moment, les cinq joueurs alignés sur le parquet ne peuvent excéder un total de 14,5 points. Etabli à 3,5 points en équipe féminine, le coefficient de Jessica descend à 1,5 quand elle bataille aux côtés des hommes. « Cette conversion permet d'intégrer plus facilement les femmes, qui ne sont déjà pas suffisamment nombreuses pour jouer leur propre championnat, explique-t-elle. J'ai déjà pas beaucoup de temps de jeu avec 1,5, alors avec 3,5... »
Laterne rouge du championnat de France, l'ASHPA tentera de remporter sa première victorie de la saison à Genneviliers, samedi 21 octobre. Un match couperet contre un concurrent direct pour le maintien en NA. Face aux Franciliens, Jessica espère grapiller quelques minutes de jeu et montrer, enfin, qu'elle vaut mieux qu'un simple faire-valoir international.
Eddie Rabeyrin et Corentin Lesueur
« J'ai déjà envisagé de partir », Jessica Maurer, joueuse de l'ASHPA.
Plusieurs fois convoquée en équipe nationale féminine de basket-fauteuil, Jessica Maurer peine à trouver sa place dans le cinq du club strasbourgeois de l'ASHPA. L'Alsacienne compte bien réintégrer la rotation de l'équipe, bonne dernière du championnat de France.
C'est peu dire que Jessica Maurer est sortie frustrée de la rencontre opposant samedi 13 octobre son équipe de l'ASHPA (Association Strasbourg Handisport Passion Aventure) aux Bretons de Lannion, comptant pour le championnat de France d'handibasket. Les Alsaciens ont concédé dans leur salle des Poteries une troisième défaite en autant de journées disputées et restent bons derniers de Nationale A (NA), l'élite hexagonale du basket-fauteuil. Plus que le résultat, la joueuse de 28 ans a regretté de ne pas avoir eu sa chance sur le parquet. Un match subi depuis le bord du terrain, à l'image de son temps de jeu depuis le début de la saison, famélique quand il n'est pas nul.
« J'ai déjà envisagé de partir »
Si le handibasket est l'un des rares sports faisant le pari de la mixité jusqu'en première division, se faire une place dans des rotations encore largement masculines n'est pas chose aisée pour les joueuses de NA. Seule femme de l'équipe première de l'ASHPA, Jessica compte bien s'imposer dans l'équipe alsacienne au fil de l'exercice 2017-2018.
Citant Serge Paugam, un sociologue spécialiste de la pauvreté, le docteur Jung enfonce le clou : « Toutes choses égales par ailleurs, habiter dans un QPV est un facteur négatif pour la santé. »
La Maison de santé agit sur la prévention, via les cafés-santé ou des marches en groupe. Côté soins, ses horaires élargis et l’application du tiers-payant pour tous (le QPV compte 30% de bénéficiaires de la CMU en 2016) les soins facilitent l’accès des malades précaires. Mais cela ne suffit pas à améliorer la situation, l’état de santé d’une personne dépendant principalement de son mode de vie. Selon Catherine Jung, seuls 20% de cet état de santé sont influencés par l'offre de soins.
Victor Noiret et Laurent Rigaux
* Les QPV sont un nouveau découpage de la politique de la ville, entré en vigueur le 1er janvier 2015. Les mesures prises dans ces quartiers servent à l’amélioration de la cohésion sociale et du cadre de vie, au développement économique et à l’emploi.
Le docteur Jung va plus loin. « Le premier problème, ce sont les souffrances psychiques, les pathologies mentales, du fait d'une image dévalorisée que les gens ont d'eux-mêmes », explique-t-elle.
Le docteur Haller, présent au Stockfeld depuis plus de 40 ans, détaille : « Ce sont des maladies de la misère. Quand on n’a pas d’argent, on mange plus salé, plus sucré. » Même si les personnes en surpoids sont aujourd’hui comptabilisées avec celles souffrant d’obésité, les chiffres étonnent. Près d’un jeune sur trois serait concerné en 6ème, dans le QPV.
Ce centre médical voit défiler un grand nombre de patients chaque jour. Obésité, addictions, diabète, les pathologies sont nombreuses, mais ont un dénominateur commun pour le docteur Charton : « la précarité ». Le docteur Catherine Jung, une des fondatrices de la Maison de santé, confirme cette analyse en se basant sur le score « Epices » (évaluation de la précarité et des inégalités de santé dans les centres d’examens de santé). Cet indice cherche à prendre en compte toutes les dimensions du déclassement social. Il se base sur onze questions à poser au patient. Au-delà d’un certain score, la personne est dite en situation de précarité. « Chez nous, quasi 100% des patients dépassent le seuil », affirme Léa Charton.
Diabète, obésité, mortalité précoce, la mauvaise santé des habitants du Neuhof est une réalité statistique. La précarité du quartier est, pour les médecins, la source de tous les maux.
Lundi 9 octobre, le centre socioculturel du Neuhof accueillait Léa Charton, médecin généraliste à la Maison de santé du quartier, pour un « café-santé » sur le thème du tabagisme. « C’est quoi les métastases ? », demande une participante. Le docteur Charton se veut pédagogue : « Les métastases, ce sont des cellules cancéreuses qui se déplacent dans le corps. » « C’est comme les migrants, quoi ! » Eclats de rire autour de la table.
L’objectif de ces rendez-vous mensuels est se sensibiliser aux soucis de santé du quotidien. Ce lundi, la dizaine de femmes présentes pose beaucoup de questions : Est-ce que la chicha est aussi dangereuse ? Et le cannabis ? Et si je ne fume qu’une fois par jour ? La conversation s’égare parfois sur les jeunes du quartier, le Levothyrox ou encore Daesh. Carnets et stylos en main, la plupart des participantes notent tous les conseils dispensés, inquiètes pour la santé de leurs enfants et de leurs maris.
Les chiffres de l’Agence régionale de santé sont sans appel. Dans le périmètre du quartier prioritaire de la politique la ville (QPV*), à cheval sur le Neuhof et la Meinau, les habitants de plus de 70 ans se font rares – en France, l'espérance de vie est de 82,67 ans en 2015. Pire, ces derniers ont deux fois plus de risque de mourir avant 60 ans que dans le reste de l’Alsace. Des chiffres corroborés par les rapports de la Maison de santé, implantée dans le QPV.
Baptiste Decharme & Camille Langlade