Quand la droite découvre les affres de grandes manifestations. Après le nouveau rassemblement contre le mariage pour tous, les polémiques enflent. L'événement fait largement la une des journaux ce matin. « La nouvelle démonstration de force » se réjouit Le Figaro, quand La Croix tire « Ils sont revenus en foule » et pour 20 minutes, « Les anti ne fléchissent pas ».
Après la manif, la bataille continue. Celle des chiffres, comme à l'accoutumée. Les organisateurs se gargarisent d'1,5 millions de participants quand la préfecture de police n'a compté que 300 000 personnes. « Comme d'habitude, le nombre réel de manifestants se trouve entre ces deux données », explique Zineb Dryef, de Rue89. Pour le pureplayer – pourtant pas le moins corrosif concernant les anti-mariage homo - « on peut retenir que oui, ils étaient incroyablement nombreux ce dimanche. »
La droite sent le gaz
Bataille de gaz également, comme souvent. La droite s'indigne de l'usage des gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre suite à des heurts après la manifestation. Elle qui justifiait régulièrement l'usage de ces même gaz face aux ouvriers, aux cheminots, ou aux étudiants un peu trop bruyants dans la rue par la simple volonté de faire respecter la loi. Victime d'un malaise, Christine Boutin, a demandé « la demission de Manuel Valls ». Ses anciens amis de l'UMP sont tout aussi véhéments, comme Laurent Wauquiez sur BFMTV.
Ce matin, Manuel Valls a tenu a réagir et a expliqué sur RTL que six personnes avait été placées en garde à vue.
Manuel Valls : "Pourquoi présenter des excuses ?" par rtl-fr
Point Godwin
Mais droite et gauche peuvent parfois s'accorder sur les invectives et l'indignation. Surtout quand cela concerne les « extrêmes ». Ainsi, les réaction des deux bords se multiplient après les propos de Jean-Luc Mélenchon. La palme de la leçon de morale mal placée revient à l'éditorialiste du Figaro Paul-Henri du Limber qui se demande « qui a proféré ces insultes dont le caractère antisémite n'échappe à personne ? Quel est l'auteur de cet appel à la haine et au grand règlement de compte final ? » Comme si parler de « la langue de la finance international », les mots précis du leader du Front de Gauche, comme le prouve un enregistrement de Politis, avait un quelconque lien avec le judaïsme...
Tout ça, et plus personne ne parle du début de l'histoire, les « 17 salopards » cités par François Delapierre au sujet des ministres de l'économie et leur attitude envers Chypre. Si l'UE n'est pas tendre avec l'île, les Chypriotes, eux-aussi, se font adeptes du point Godwin, comme l'explique Annabelle Georgen sur Slate. « Après les Grecs, c'est maintenant au tour des Chypriotes de se lancer dans l'anti-germanisme primaire en multipliant les allusions au passé nazi de l'Allemagne, comme en témoignent les nombreuses pancartes représentant Merkel grimée en Hitler » indique la journaliste du pure-player.
Bataille au volant
La polémique a également envahit la planète formule 1 après le grand prix de Malaisie et la victoire de Sebastian Vettel. Son équipier chez Red Bull, Mark Webber, qui a fini deuxième, était furieux après la course, et l'ambiance était tendue sur le podium. L'Australien, longtemps en tête, n'a pas apprécié que Vettel ne respecte pas les consignes de l'équipe l'intimant de rester deuxième, et finisse par le doubler. Il s'est donc fendu d'un petit geste amical dans son baquet, avant l'arrivée. Bonne ambiance chez les bleus de Red Bull...
L'ambiance est bien meilleure chez les Bleus de l'équipe de France. « Ribéry Bleu bonheur » titre l'Equipe qui, après l'avoir cloué au pilori, fait l'apologie de l'attaquant français. Le quotidien sportif avait décidé de verser dans la guimauve ce lundi, avec une double page intitulé « Ribéry, Clairefontaine de jouvence ». Jamais trop.
Thibaud Métais