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Le Pakistan peut mieux faire


12 mars 2014

En adoptant mercredi 12 mars une résolution non législative sur les relations entre l'Union et le Pakistan, les parlementaires entendent faire passer un message clair à Islamabad, bénéficiaire important de l'aide humanitaire européenne. Les liens bilatéraux avec le Marché Unique sont essentiels pour le Pakistan sur le plan économique. Depuis le 1er janvier 2014, le pays bénéficie du Système Préférentiel Généralisé (SPG+), qui permet aux exportations pakistanaises à destination de l'UE d'être totalement exemptées de droits de douanes. Des avantages hors normes accordés au Pakistan alors que ce régime spécial est d'ordinaire réservé aux Pays les Moins Avancés comme le Sri Lanka.

Mais le rapport de Boris Zala (S&D) fait aussi état des nombreuses préoccupations des députés européens concernant la situation difficile du pays. La Commissions des affaires étrangères demande notamment au Pakistan des progrès concrets dans les domaines de l'éducation et des droits fondamentaux des femmes, rappelant au passage que selon les estimations 12 millions d'enfants ne sont pas scolarisés et qu'environ deux tiers des Pakistanaises sont analphabètes.

Les parlementaires espèrent aussi que le pays jouera un rôle dans la stabilité de la région après 2014 et le retrait des troupes de l'OTAN d'Afghanistan. C'est également dans ce but que le rapport encourage le Pakistan à signer des accords de non-prolifération des armes nucléaires, et à adopter une position claire sur le sujet. Surtout après les rumeurs selon lesquelles Islamabad envisagerait d'exporter des armes nucléaires vers d'autres pays.

Il reste donc beaucoup à faire pour les députés, qui saluent tout de même les efforts de l'Etat pakistanais pour sécuriser son territoire et tenter d'imposer son autorité dans les zones tribales.

La résolution signale néanmoins que le SPG+ n'est accordé qu'aux pays ayant accepté de mettre en œuvre les droits de l'Homme et les conventions de bonne gouvernance reconnues à l'international, et ce de manière contraignante. A bon entendeur...

 

Tommy Cattaneo

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