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Faire naître la flamme

Former la relève dès le plus jeune âge. Chaque semaine et pendant quatre ans, les jeunes sapeurs-pompiers (JSP) suivent un apprentissage exigeant. Au total : 197 heures de formation obligatoire. L’objectif est de leur transmettre les rudiments du métier, avant qu’ils puissent s’engager chez les sapeurs-pompiers. Exemple dans le nord du département, au centre d’incendie et de secours de Woerth.

Ces JSP sont un véritable « vivier de main d’œuvre », raconte le capitaine Jean-Pierre Carl, responsable de l’Association départementale des jeunes sapeurs-pompiers du Bas-Rhin. « Ils permettent d’assurer le renouvellement de nos effectifs. » Former les futurs sapeurs-pompiers en interne permet de gagner du temps mais aussi de faire des économies. « Nos formateurs sont des pompiers bénévoles », précise-t-il. Pour Jordan Delbart, formateur depuis quatre ans au centre de secours et d’incendie de Woerth, la formation des futurs sapeurs-pompiers volontaires dès le plus jeune âge permet de pérenniser le métier : « On aura tous besoin des pompiers un jour ou l’autre. Si on ne donne pas envie aux jeunes, pour faire en sorte qu’il y ait de la relève, on n’aura plus personne. »

Crédit : Alane ANTHONY

Crédit : Alane ANTHONY

En intervention comme en caserne, la discipline est primordiale. Et les JSP n’échappent pas à la règle. Comme leurs aînés, ils se doivent d’être « exemplaires », pendant les cours, mais aussi en dehors, notamment sur les réseaux sociaux. Ils s’engagent à respecter le règlement des sapeurs-pompiers. En cas de faute grave (dégradations, plaintes), ils peuvent être convoqués en conseil de discipline, sanctionnés, voire exclus.

Jordan Delbart raconte : « on leur apporte un savoir-vivre, de la rigueur dans l’entraînement, mais plus largement dans leur vie. On se doit d’avoir une bonne hygiène de vie. » Cette rigueur est indispensable pour se faire une place dans la famille des pompiers. « Imaginez, vous appelez les pompiers pour une urgence et celui qui intervient est mal rasé, débraillé. C’est impossible, il faut être présentable », poursuit l’animateur.

En plus de l’entraînement technique, les JSP intègrent les codes des aînés et entrent progressivement dans le milieu. « On est comme des frères et sœurs, on est une équipe », explique Mylène, engagée chez les JSP depuis deux ans. William, son camarade, confirme : « J’en connaissais déjà certains, et depuis que je suis ici, je me suis fait de nouveaux amis. » Des amis qui se fréquentent aussi, en dehors de la caserne. Un entre-soi bénéfique selon Jordan Delbart. « Seul, on ne fait rien dans une caserne. Il n’y a aucun exercice qu’on peut faire seul. On cherche à créer cet esprit de cohésion dès le plus jeune âge. Sans cet esprit d’équipe, impossible d’avancer. »

La formation des JSP. Le premier programme de formation définissant le « brevet de cadet sapeur-pompier » a été adopté par le ministère de l'Intérieur en 1981. En 2002, la formation et l’encadrement sont réglementés par décret : les associations communales de jeunes sapeurs-pompiers (JSP) sont alors regroupées au sein de l’Union départementale des sapeurs-pompiers puis de l’Association départementale des jeunes sapeurs-pompiers. La France comptait 25 000 JSP en 2016, dont 856 dans le Bas-Rhin (50 sections réparties sur 6 secteurs dans le département). Pour s'engager, il faut passer un entretien de motivation, fournir un certificat médical d’aptitude physique et une autorisation parentale. A 16 ans révolu et après quatre ans de formation, le JSP peut passer le Brevet national de jeune sapeur-pompier (BNJSP). Après son obtention, 13 heures de formation supplémentaires lui permettent de partir en intervention. Dans certaines casernes du Bas-Rhin, les nouvelles recrues sont encadrées par un tuteur pendant six mois.

Hugo LARIDON et Romane VIALLON

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