Le jeudi 12 mars, le Cuej a eu le privilège d'accueillir deux journalistes ukrainiennes de renom : la rédactrice en chef du journal en ligne Oukraïnska Pravda, Sevgil Musayeva (à droite sur la photo), et la créatrice du média indépendant Hromadske.TV, Natalya Gumeniuk (au milieu). Pendant près de deux heures, les deux femmes ont nourri un échange passionnant avec nos étudiant·es de M1 et la directrice des projets de Reporters Sans Frontières (RSF), Louise Alluin Bichet (à gauche), sur le contexte informationnel en Ukraine.
Sevgil Musayeva et Natalya Gumeniuk ont toutes deux insisté sur la résilience des journalistes ukrainiens qui ont su se muer en reporters de guerre pour continuer à fournir à leurs compatriotes une information de qualité, malgré les combats, l'incessante propagande russe mais aussi, parfois, les pressions du pouvoir ukrainien. Elles ont également témoigné de la manière dont la technologisation croissante du conflit les avait obligées à repenser en profondeur leurs manières de travailler.
Alors que des attaques continuent à cibler quotidiennement les populations civiles et que l'omniprésence des drones empêche d'approcher de la ligne de front, les journalistes ont dû faire preuve de solidarité et d'inventivité pour poursuivre leurs investigations. Les enquêtes menées dans le cadre du Viktoriia Project pour documenter les conditions de la disparition de la journaliste Viktoriia Roshchyna ou celles mises en oeuvre au sein de The Reckoning Project sur les crimes de guerre de l'occupant russe en constituent des exemples particulièrement inspirants.
Extraordinaires de courage, d'intelligence, d'humilité et de volonté, Sevgil Musayeva et Natalya Gumeniuk sont en première ligne du combat pour la démocratie et la liberté de la presse qui se joue aujourd'hui à l'Est de l'Europe. Toute l'équipe du Cuej remercie vivement l'Institut français d'avoir organisé leur déplacement depuis Kyiv jusqu'à Strasbourg dans le cadre de la saison ukrainienne.
En master 2, ça sent (presque) déjà la fin du cursus pour les étudiant·es de télé. Le vendredi 13 mars, les JRI et les rédacteurs et rédactrices TV ont clos un mois de travail intense entièrement consacré à la préparation des fameuses "candidatures". Il s'agit de concours organisés par les rédactions télévisées comme TF1-LCI, France télévision, M6, BFM, Canal+, mais aussi L'Equipe TV ou l'AFP vidéo, pour proposer de premiers contrats aux étudiant·es des écoles reconnues à l'issue de leur formation. Malgré la compétition, les étudiant·es ont su - esprit Cuej oblige - faire preuve d'entraide et de solidarité pour boucler dans les temps leurs dossiers.
Pendant quatre semaines, les candidat·es ont donné le meilleur d'eux-mêmes et d'elles-mêmes pour réaliser quatre à cinq reportages de type news, magazine ainsi qu'un autoportrait, envoyés au média ciblé en fonction du projet professionnel de chacun. Ils ont pu compter sur le soutien d'une équipe pédagogique investie, composé de professionnels (comme ici le monteur Benoît Tanguy) et de leurs responsables de spécialisation Alison Tassin (télé rédaction) et Antoine Husser (JRI). Les "candidatures", c'est un premier aboutissement important après sept mois de spécialisation, où, la technique enfin maîtrisée, les étudiant·es peuvent personnaliser leurs récits, leurs images, leur écriture. Même si c'est la fin des sessions dans les locaux de l'Escarpe, les M2 télévision n'en ont pas encore terminé avec leur formation au Cuej : il leur reste à vivre des stages fondateurs en rédaction en avril, puis la tant attendue délocalisation en mai.
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Je travaille à l’AFP depuis 2008, j’ai commencé quelques mois après ma sortie du Cuej. Je suis aujourd’hui reporter polyvalente économie et environnement, je fais aussi de l’encadrement lorsqu’il y a besoin de renfort.
Avant cela, j’ai passé cinq années aux Etats-Unis, où j’ai eu la chance de couvrir la macro-économie au bureau de l’AFP à Washington. Ça a évidemment été une expérience incroyable (et très intense !), puisque je suivais le département du Trésor (ministère de l’Economie) ainsi que la banque centrale, la Fed. Je couvrais les indicateurs comme l’inflation ou le PIB, mais aussi tous les plans de relance et shutdown en lien avec mes collègues de la Maison Blanche et du Congrès.
J’avais commencé à travailler pour l’AFP comme pigiste aux infos géné, d’abord comme remplaçante le week-end. Je travaillais alors en parallèle dans un petit site web d’information économique sur la distribution sport, sport-guide.com. C’est là que j’ai fait mes armes en journalisme économique. Ces deux premières expériences en parallèle m’ont vraiment appris la débrouillardise.
J’ai ensuite obtenu un poste de reporter en banlieue. Je passais ma vie au tribunal d’Evry, et j’ai adoré côtoyer quotidiennement les avocats, les magistrats, faire la tournée de faits divers matin et soir. Avec une grande variété de sujets, car je faisais également des papiers culture, société, politique, …
Je suis ensuite retournée à l’économie que je n’ai plus quittée depuis, pour couvrir d’abord les transports. J’ai découvert le travail de rubricarde, être la référente sur un sujet, éplucher des rapports longs et compliqués pour en tirer un papier clair et agréable à lire … J’ai adoré ça !
L’économie fait souvent peur, ou est un peu boudée, et avoir cette carte ouvre une palette supplémentaire de postes et de possibilités.
La déloc en Chine a clairement été un moment fondateur. On en revient différent. Et je pense que ça a vraiment renforcé mon envie de partir vivre quelques années à l’étranger.
C’est aussi le Cuej qui m’a permis d’entrer à l’AFP, grâce aux profs qui venaient nous faire des sessions agence. D’autant plus que la bonne réputation de l’école nous précède lorsqu’on envoie un CV. Car on y apprend l’écoute, la rigueur et la vérification des sources, qui sont les bases. Avec les portraits de quartier, Viva Cité, News d’Ill, les bouclages, le slogan « l’école du terrain » n’est pas galvaudé !
Ce sont deux années dont je garde un souvenir extraordinaire, pendant lesquelles j’ai aussi rencontré de vrais ami·es, qui le sont toujours. Avec un véritable esprit de camaraderie, et un côté moins snob que dans les écoles parisiennes -surtout à l’époque, où le train mettait encore quatre heures pour relier les deux villes !
Je suis aussi co-présidente de la toute nouvelle association des alumni du Cuej, l'Adaj. Ce lien manquait terriblement entre les promos. L'objectif, avec toute l'équipe de l'Adaj, c'est de susciter des échanges, faciliter l'insertion des plus jeunes et les évolutions des autres, mais aussi réfléchir sur le métier, s'entraider, et passer des moments sympas !
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