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Seule parmi les hommes

En France, on compte seulement un peu plus de 4% de femmes dans les rangs des sapeurs-pompiers professionnels (SPP). Virginie Causin est l’une d’entre elles. A 39 ans, cette caporal-chef participe aux interventions de la caserne Ouest de Strasbourg depuis 2003. Un choix de carrière qui est arrivé sur le tard pour celle qui se destinait à devenir professeur d’EPS.

Virginie Causin fait partie des 15% de femmes parmi les sapeurs-pompiers de France. Crédit : Arthur BLANC

Au travail, Virginie Causin n’a guère de collègues femmes. Elle fait partie des quatre pompiers féminines qui se répartissent sur trois des quatre centres de secours de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS).

Être la seule femme n’est pas forcément un point négatif pour la caporal-chef. La situation présente certains avantages matériels, notamment l’usage d’espaces qui lui sont réservés et qu’elle n’a pas à partager avec ses collègues hommes.

Mais il n’y a pas que des réjouissances. Travailler dans un milieu masculin lui impose d’avoir du répondant et de challenger ses collègues, sans aller trop loin. Même si elle affirme que ça ne se passe pas trop mal. Pour autant, Virginie Causin n’a pas souhaité divulguer les surnoms qu’elle et ses collègues se voient attribuer. En tout cas, elle l’assure avec le sourire : « Il y en a plein ! »

Si les militaires disposent de « référents mixité » qui ont pour mission de représenter celles qui sont appelées les « féminines », ce rôle n’existe pas chez les pompiers. La caporal-chef peut par contre saisir les syndicats et sa hiérarchie en cas de dérapage d’un collègue. « Je n’en ai jamais eu le besoin », explique-t-elle.

Le sport est une part essentielle de sa vie professionnelle, mais aussi de son temps libre. Une fois la porte de la caserne franchie, Virginie Causin continue de s’entraîner. « On ne fait pas le même sport à la caserne qu’en dehors. Au centre d’incendie et de secours, c’est du sport d’entretien, de condition physique. En dehors, c’est aussi pour voir d’autres personnes, des civils, un autre milieu. C’est plus pour le bien-être, se vider un peu la tête. » Dans son temps libre, elle pratique la course à pied et la natation.

Crédit : Alane ANTHONY

Crédit : Alane ANTHONY

Maman d’un garçon de 4 ans, Virginie Causin doit jongler entre les gardes de 24 heures et ses obligations parentales. Dans une profession où la condition physique est importante, la question de la maternité marque une rupture au cours d’une carrière. Mais la mécanique est huilée chez les pompiers, et elle ne s’est pas retrouvée éloignée de ses collègues du jour au lendemain.

Au fil des années, l’ambition reste intacte. Virginie Causin a récemment passé des examens pour devenir sous-officier. Elle espère poursuivre sa carrière encore longtemps. A l’heure actuelle, les interventions difficiles face à des personnes en détresse n’ont pas eu raison de sa volonté. « Pour l’instant, c’est pompier à vie ! »

Comment devenir professionnel ? Pour devenir sapeur-pompier professionnel, les concours diffèrent en fonction des grades. La sélection des hommes du rang et des sous-officiers commence par une dictée et deux problèmes de mathématiques. Ensuite, place au sport avec six disciplines : natation, fractionné, souplesse, gainage, endurance musculaire des membres supérieurs et épreuve de la chaise. Ceux qui ont une note supérieure à 10 sont reçus en entretien d’admission d’une quinzaine de minutes. Le concours des officiers met plus l’accent sur les capacités intellectuelles et scolaires. Les lieutenants débutent par la synthèse d’un dossier d’actualité et un questionnaire à choix multiples. A quoi s’ajoutent les épreuves sportives pour l’admission ainsi qu’un oral de motivation et de connaissances générales. Même principe pour les candidats au grade de capitaine. Une dissertation sur un sujet d’actualité et une étude de cas ouvrent le concours. S’ensuit l’épreuve d’admission avec test physique et entretien de motivation. Les épreuves se terminent par un oral de langue vivante. Dans le Bas-Rhin, 617 sapeurs-pompiers sur 5 370 sont professionnels (plus de 10%).

Arthur BLANC

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